Le journal de bord de Stéphane Nedelec

29 janvier 2018 -  Arrivé après 47 jours et 16 heures de mer

Dernier chapitre : le samedi 27 janvier à 3h13min20sec, je passe la ligne d’arrivée après 47 jours et 16 heures seul en pleine mer …

 Et voilà, mon aventure se termine après 47 jours et 16 heures seul en mer. Il me reste néanmoins à vous raconter ma dernière semaine encore riche d’aventures nouvelles.

 

Lundi dernier, j’ai à nouveau harponné un poisson, à tâches violettes cette fois (espèce ???) et j’ai filmé l’événement avec ma GoPro pour confirmer cette nouvelle prise aux moqueurs suite à mes péripéties avec la traine ... 😉. Lorsque j’ai eu Quentin mon fils ainé au téléphone, je lui ai décrit ce que j’avais pêché et lui ai demandé de regarder sur Internet ce que ça pouvait être … Il n’a pas trouvé mais il m’a dit que dès qu’il y avait des tâches violettes, les poissons étaient considérés comme non comestibles voire toxiques … Trop tard, je l’avais déjà cuisiné en croûte de sel et m’étais régalé. D’ailleurs en voulant le cuisiner, j’ai déversé la totalité de ma salière dans ma gamelle sans le vouloir, j’ai donc dû rincer mon poisson à l’eau douce, si précieuse …  Bref tout cela m’a bien occupé … Mais ne m’a pas découragé … Et tant mieux parce que c’était vraiment un régal. Bon maintenant il va falloir que je me passe de sel jusqu’à la fin de mon périple. Il n’y a pas péril en la demeure, je vous avoue que je ne cuisine pas tous les jours … 😉.

 

J’ai eu un gros coup de stress un soir. En sortant de ma cabine, je vois tout près de moi un énorme cargo. J’avais l’impression qu’il m’arrivait droit dessus … Difficile d’évaluer les distances mais je dirais qu’il est passé à 200 mètres de moi, c’était vraiment impressionnant … Je me suis même demandé s’il fallait que je déclenche une balise pour lui montrer que j’étais là … Finalement plus de peur que de mal, nous nous sommes croisés sans souci. On s’est même fait un signe de la main avec un marin.

 

Jeudi soir, spectacle exceptionnel ! j’ai eu la chance d’assister au lancement de la fusée Ariane 5 depuis l’océan. Impressionnant. Je me suis cru, l’espace d’un instant, dans un film de science-fiction.

 

Côté navigation, les derniers jours m’ont réservé des sensations diverses. Je suis passé de conditions parfaites, me permettant d’atteindre une vitesse de 3,5 nœuds (jusqu’à 4 nœuds parfois – un record !) à un vent de Sud-Est m’empêchant de remonter suffisamment au Nord. Après une demi-journée, mercredi, à ramer contre le vent, direction Nord, le vent a tellement tourné que j’ai dû ramer une demi-journée vendredi après-midi plein Sud !!! Un peu frustrant, mais en même temps, ce sont les joies de la navigation… Et je savais qu’à 1 journée près, j’allais en terminer avec cette superbe traversée.

 

Je suis arrivé finalement le samedi 27 janvier à 3 heures 13 minutes et 20 secondes. Quelques heures avant le passage de la ligne virtuelle, j’étais en communication régulière avec le bateau récupérateur (impossible d’accoster à Kourou directement avec mon embarcation, les courants contraires sont trop forts) pour donner ma position précise et une estimation de mon heure d’arrivée. Vers 21h vendredi, j’effectue un dernier virement de bord. Je dois pouvoir prendre un cap au 280, 285 max, ce qui n’était pas garanti car de forts courants portent au Nord. Ça marche ! je vérifie et porte ma position sur la carte toutes les demi-heures. A 6h de l’arrivée, je commence à profiter de ce moment particulier. Et en plus, j’avance à environ 3 nœuds, ça va vite !

La nuit est tombée depuis longtemps. Je ne peux donc pas apercevoir de loin le bateau récupérateur sur lequel se trouvent Anne-So et Vanina. J’apprends par sms qu’ils ne sont pas loin. Je finis par voir les feux de navigation, je les contacte par VHF. Ça y est, je vais enfin voir de vraies personnes, ce qui ne m’est plus arrivé depuis un peu plus de 6 semaines !

Quand ils me rejoignent, je suis très heureux. Mais je ne suis pas encore complètement libéré. Je dois franchir la ligne. Je savoure ces derniers instants. Je sens une grande joie m’envahir au fur et à mesure que j’avance. Je consulte mon GPS portatif toutes les 30 secondes. Ça y est, j’y suis ! Sur le bateau récupérateur, Anne-So, Vanina et 5 autres personnes à bord (dont Nico le premier skipper à être arrivé) entonnent un compte à rebours : 10, 9, 8,…, 3, 2, 1. Une corne de brume retentit. Je déclenche une fusée rouge (normalement qui sert à se signaler en cas de détresse), je lève les bras au ciel et je crie comme pour libérer un trop plein de bonheur intense.

Tout va vite ensuite. Je lance le bout de remorquage et le pilote du bateau, Loïc, un virtuose, se rapproche suffisamment pour que je puisse monter à bord. Je salue tout le monde et je serre fort dans mes bras Anne-So et Vanina. Je retrouve déjà un peu de civilisation et je déguste avec grand plaisir une bière bien fraîche pour célébrer l’événement.

 

La vidéo de l’arrivée va rester dans mes favoris pendant quelques temps je crois. Je la poste sur Facebook dans quelques jours. Un grand mélange d’émotions : la joie de la réussite de cette aventure qui a débutée il y a 14 mois, le soulagement de l’arrivée, le bonheur de retrouver mon épouse, une petite tristesse que cela s‘arrête aussi… Anne-So a été un soutien sans faille tout au long de cette aventure. C’est tellement précieux de pouvoir me reposer sur elle pour me concentrer sur ce que j’ai à faire dans le maniement du bateau, les décisions à prendre en termes de cap et de route, …

 

Le soir de l’arrivée, Nico qui vit à Kourou, m’a préparé une soirée en l’honneur de ma traversée à l’ANK (Association Nautique de Kourou). Très très sympa. Au cours de la soirée, j’ai pu rencontrer ses amis et j’ai aussi été interviewé par la chaine d’info phare de la Guyane, Guyane Première, et suis passé au journal de 19h30 ce dimanche (l’équivalent de notre journal de 20h !!). A revoir en replay ou sur France O demain, lundi 29 janvier, à 6h45.

 

Aujourd’hui, j’ai passé la journée à ranger et nettoyer le bateau avant son transport en container, bien aidé par Anne-So ma femme, et mes amis Vanina et Raf qui sont venus de métropole pour m’accueillir en Guyane.

Voilà, l’aventure se termine. Vous avez été des soutiens très précieux qui m’ont permis de tenir dans les coups durs. J’ai bien heureusement eu plus de très bons moments que de mauvais ! Au final, je vais bien, pas de bobos majeurs et le plaisir d’avoir retrouvé ma ligne de jeune homme avec 9 kg en moins. Bon d’accord, quelques irritations dues à l’eau de mer resistent, mais cela va se résorber rapidement…

 

Cela a été pour moi un grand privilège de vivre cette nouvelle expérience. Je dois vous avouer que j’ai quand même eu le temps de penser, en ramant, à quelques idées de prochaines aventures. Bon, je vais prendre le temps de savourer la fin de celle-ci. Il me tarde de raconter de vive voix ce que j’ai pu vivre et ressentir.

 

A bientôt donc !

 

Stéphane

 

21 janvier 2018 -  6 semaines après le départ

6 semaines en mer, la progression continue : ¾ du parcours ! 

 6 semaines en mer et ça y est, les ¾ de la traversée sont derrière moi. Encore ¼ et je retrouverai la terre ferme et ceux que j’aime … Je vous avoue que je suis plutôt très impatient.

 

Cette semaine a encore été une semaine compliquée pour moi surtout sur le début. En effet les courants n’étaient pas vraiment favorables pour m’accompagner sur ma descente vers le Sud, j’ai eu de gros soucis de cap que je n’arrivais pas à maintenir et de vitesse, j’avais l’impression de me trainer, c’était vraiment frustrant.

 

Nouvelle galère dans mon aventure, lundi, je me rends compte que mon dessalinisateur ne veut plus fonctionner. Et bien évidemment, je n’ai pas assez de stock d’eau potable pour finir la traversée. C’est un réel problème, je sais bien que c’est une des causes d’abandon possibles … Sans eau impossible d’aller au bout, il faut donc, à tout prix, que je trouve un moyen pour faire repartir ce dessalinisateur. En même temps cela fait 2 jours que je n’ai pas vu le soleil et comme la nuit, en ce moment, je croise des cargos, j’allume tous mes feux ce qui consomme pas mal d’énergie. Je sais que le dessalinisateur est lui aussi très consommateur d’énergie, il faut donc que le soleil revienne absolument pour que mes panneaux solaires me donnent assez de puissance. J’estime ma consommation moyenne à environ 8 litres d’eau douce par jour, là il doit me rester 25 litres … Je ne pourrai donc pas tenir bien longtemps … En tous cas, dès que j’arrive à redémarrer ce satané dessalinisateur, je me promets de faire un maximum de réserves pour éviter la pénurie et l’angoisse de manquer. Mon inquiétude est assez vite balayée car dès le mardi, je retrouve le grand beau temps et, avec, le soleil qui me permet de faire redémarrer le dessalinisateur. Ouf, je suis sauvé, je ne manquerai pas d’eau …

 

Petit point physique : ce n’est pas brillant brillant. Même si au niveau escarres, c’est plutôt un peu mieux (j’ai installé sur mon siège de rame un coussin anti-escarres que ma mère m’avait poussé à prendre et que je viens de retrouver – Merci Maman !), en revanche la plaie de mon pied gauche ne se soigne pas comme je voudrais. C’est douloureux et ça ne cicatrise pas. L’autre jour j’ai retiré, à la pince à épiler, une petite boule de pue sur mon orteil sans tourner de l’œil. J’étais assez fier de moi, car je ne suis généralement pas très vaillant pour ce genre de chose. J’ai toujours très mal dans les mains. Je n’arrive plus à plier les doigts de la main gauche, comme si j’avais une tendinite dans chaque doigt … Je n’arrive même plus à allumer le briquet pour démarrer ma gazinière le matin …je suis obligé de tout faire de la main droite, ce n’est pas pratique du tout.

 

Mardi, je décide de m’octroyer ma première journée de repos depuis le début de l’aventure, je sens que j’en ai besoin, je suis fatigué. Je me paie donc le luxe de ne ramer que 2 heures sur la journée, je sens qu’il faut que je recharge mes batteries. Je prends donc mon temps, je lis une bonne partie de la journée, j’ai d’ailleurs fini les 2 livres que j’avais emmenés. J’entends d’ici Anne-So me dire « Ah, je t’avais bien dit d’en prendre au moins un 3ème », en temps normal ça m’aurait agacé, mais là ça me manque ses petites réflexions … Je me rappelle que dans mes cadeaux de Noël, j’ai eu un livre, un livre particulier puisqu’il m’a été dédicacé par son auteur mon amie Samira … Je vais donc pouvoir me lancer à la découverte de son univers, ça va me faire un peu de compagnie. La solitude me pèse de plus en plus …

 

J’ai essayé une nouvelle activité cette semaine, la pêche à la traîne. En effet, j’ai retrouvé dans mon kit de survie une petite ligne de traîne et je me suis dit que j’allais tenter ma chance. L’idée de manger un poisson fraichement pêché me fait saliver … eh oui, je commence à me lasser de mes plats lyophilisés même si j’avoue que ce n’est pas si mal. Bref, je monte ma ligne, installe mes appâts et jette la traîne à l’eau. Je la remonte un peu plus tard, il n’y avait plus rien même plus d’hameçons … J’avais à priori prévu trop léger. Je retente donc l’opération, en prévoyant plus costaud et en sécurisant à mort mon installation, j’étais en train de mettre la ligne à l’eau, j’avais déjà déroulé quelques mètres et là je vois une énorme daurade mordre à l’hameçon avec une violence incroyable. C’est allé tellement vite qu’elle m’a tout arraché des mains, je n’ai donc pas eu de poisson et maintenant, je n’ai plus de jeu … 😉. Ce ne sera donc pas poisson frais au menu du soir … Je ne confirme donc pas mon diplôme de pêcheur obtenu le 31 janvier avec cette magnifique daurade coryphène harponnée … 😉. Je sais d’avance ce que mes potes vont dire … Et ça me fait sourire !

 

Mercredi je suis confronté à un phénomène totalement nouveau et impressionnant. En effet, après une grosse journée de rame, le soir vers 21h30 alors que je ressors pour vérifier mes réglages, je m’aperçois que c’est pétole, pas un pet de vent, mes drapeaux sont en berne, une mer complètement étale au point que je n’ai même pas besoin de me tenir sur mon bateau, il n’y a aucun bruit, tout est tellement silencieux … C’est la première fois que je rencontre ce phénomène depuis le début de mon aventure, c’est limite flippant en tous cas c’est très déstabilisant … Le calme avant la tempête ? En fait, je suis dans le poteau noir (zone de rencontre des alizés Nord-Est et Sud-Est = zone où on ne peut rien prévoir, ce peut être le grand calme comme ce que je vis à ce moment-là ou le déluge avec des vents violents, contraires et tout cela de façon totalement aléatoire … ce qui n’a rien de rassurant …). Heureusement j’ai un peu de courant qui me permet tout de même de progresser. Ca ne loupe pas, quelques heures plus tard, je prends un gros grain. Le lendemain, je me lève c’est à nouveau une grosse pluie qui m’attend et pour la première fois depuis que j’ai quitté Dakar, je décide de ramer par ce mauvais temps pour continuer à avancer, je n’ai jamais été aussi proche du but …

 

J’en ai marre mais vraiment marre de dormir dans des draps humides, je me dis qu’il faut absolument que je fasse quelque chose. Ca sent de plus en plus le moisi dans ma couchette au point que je commence à ne plus le supporter … Mais je ne peux rien aérer ni rien sortir à cause des paquets d’eau qui arrivent constamment sur le pont du bateau …Je me dis que mouillé pour mouillé je vais tout de même tenter de faire sécher mon oreiller moisi dehors … Grand bien m’a pris, grâce à une petite période d’accalmie au niveau des vagues et à un soleil qui s’est montré très généreux, j’ai enfin pu faire sécher cet oreiller qui était mouillé depuis mon 1er chavirage … Je vais donc pouvoir dormir plus confortablement désormais 😉, en tout cas dans une couchette qui sent moins mauvais, j’oserais même dire qui sent presque bon … 😉.

 

Drame constaté à bord : je m’aperçois qu’il ne me reste qu’un fond de ma petite fiole de whisky et je vous avoue qu’en ce moment j’apprécie de m’en servir une lichette tous les soirs, au moment du coucher de soleil, dont certains sont vraiment magnifiques, je fais une petite pause de 5 – 1à minutes et je profite … Mais là, à ce rythme, je n’en aurais jamais assez pour aller jusqu’au bout de la traversée … Une pénurie bien contrariante. Ajoutez à cela que je risque aussi de manquer de café … Bref une fin de traversée qui s’annonce compliquée en termes de ressources incontournables … 😉.

 

Pour conclure, je vous rassure, je vais globalement bien, le moral est là. Sur cette fin de semaine j’ai enfin retrouvé une veine de courant favorable qui me remonte vers les côtes guyanaises, j’ai repris de la vitesse … Bref, j’aperçois le bout de l’aventure … Je devrais arriver d’ici une grosse semaine, bientôt je pourrai me dire « dernier lundi, dernier mardi … », c’est une sacrée étape dans mon aventure.

 

Merci d’être là, avec moi, de me suivre, de m’encourager et même tout simplement de penser à moi. Vos ondes positives m’accompagnent encore et toujours. Merci à vous tous.

 

A bientôt.

 

Stéphane

 

 

6 semaines en mer, la progression continue : ¾ du parcours ! 

 6 semaines en mer et ça y est, les ¾ de la traversée sont derrière moi. Encore ¼ et je retrouverai la terre ferme et ceux que j’aime … Je vous avoue que je suis plutôt très impatient.

 

Cette semaine a encore été une semaine compliquée pour moi surtout sur le début. En effet les courants n’étaient pas vraiment favorables pour m’accompagner sur ma descente vers le Sud, j’ai eu de gros soucis de cap que je n’arrivais pas à maintenir et de vitesse, j’avais l’impression de me trainer, c’était vraiment frustrant.

 

Nouvelle galère dans mon aventure, lundi, je me rends compte que mon dessalinisateur ne veut plus fonctionner. Et bien évidemment, je n’ai pas assez de stock d’eau potable pour finir la traversée. C’est un réel problème, je sais bien que c’est une des causes d’abandon possibles … Sans eau impossible d’aller au bout, il faut donc, à tout prix, que je trouve un moyen pour faire repartir ce dessalinisateur. En même temps cela fait 2 jours que je n’ai pas vu le soleil et comme la nuit, en ce moment, je croise des cargos, j’allume tous mes feux ce qui consomme pas mal d’énergie. Je sais que le dessalinisateur est lui aussi très consommateur d’énergie, il faut donc que le soleil revienne absolument pour que mes panneaux solaires me donnent assez de puissance. J’estime ma consommation moyenne à environ 8 litres d’eau douce par jour, là il doit me rester 25 litres … Je ne pourrai donc pas tenir bien longtemps … En tous cas, dès que j’arrive à redémarrer ce satané dessalinisateur, je me promets de faire un maximum de réserves pour éviter la pénurie et l’angoisse de manquer. Mon inquiétude est assez vite balayée car dès le mardi, je retrouve le grand beau temps et, avec, le soleil qui me permet de faire redémarrer le dessalinisateur. Ouf, je suis sauvé, je ne manquerai pas d’eau …

 

Petit point physique : ce n’est pas brillant brillant. Même si au niveau escarres, c’est plutôt un peu mieux (j’ai installé sur mon siège de rame un coussin anti-escarres que ma mère m’avait poussé à prendre et que je viens de retrouver – Merci Maman !), en revanche la plaie de mon pied gauche ne se soigne pas comme je voudrais. C’est douloureux et ça ne cicatrise pas. L’autre jour j’ai retiré, à la pince à épiler, une petite boule de pue sur mon orteil sans tourner de l’œil. J’étais assez fier de moi, car je ne suis généralement pas très vaillant pour ce genre de chose. J’ai toujours très mal dans les mains. Je n’arrive plus à plier les doigts de la main gauche, comme si j’avais une tendinite dans chaque doigt … Je n’arrive même plus à allumer le briquet pour démarrer ma gazinière le matin …je suis obligé de tout faire de la main droite, ce n’est pas pratique du tout.

 

Mardi, je décide de m’octroyer ma première journée de repos depuis le début de l’aventure, je sens que j’en ai besoin, je suis fatigué. Je me paie donc le luxe de ne ramer que 2 heures sur la journée, je sens qu’il faut que je recharge mes batteries. Je prends donc mon temps, je lis une bonne partie de la journée, j’ai d’ailleurs fini les 2 livres que j’avais emmenés. J’entends d’ici Anne-So me dire « Ah, je t’avais bien dit d’en prendre au moins un 3ème », en temps normal ça m’aurait agacé, mais là ça me manque ses petites réflexions … Je me rappelle que dans mes cadeaux de Noël, j’ai eu un livre, un livre particulier puisqu’il m’a été dédicacé par son auteur mon amie Samira … Je vais donc pouvoir me lancer à la découverte de son univers, ça va me faire un peu de compagnie. La solitude me pèse de plus en plus …

 

J’ai essayé une nouvelle activité cette semaine, la pêche à la traîne. En effet, j’ai retrouvé dans mon kit de survie une petite ligne de traîne et je me suis dit que j’allais tenter ma chance. L’idée de manger un poisson fraichement pêché me fait saliver … eh oui, je commence à me lasser de mes plats lyophilisés même si j’avoue que ce n’est pas si mal. Bref, je monte ma ligne, installe mes appâts et jette la traîne à l’eau. Je la remonte un peu plus tard, il n’y avait plus rien même plus d’hameçons … J’avais à priori prévu trop léger. Je retente donc l’opération, en prévoyant plus costaud et en sécurisant à mort mon installation, j’étais en train de mettre la ligne à l’eau, j’avais déjà déroulé quelques mètres et là je vois une énorme daurade mordre à l’hameçon avec une violence incroyable. C’est allé tellement vite qu’elle m’a tout arraché des mains, je n’ai donc pas eu de poisson et maintenant, je n’ai plus de jeu … 😉. Ce ne sera donc pas poisson frais au menu du soir … Je ne confirme donc pas mon diplôme de pêcheur obtenu le 31 janvier avec cette magnifique daurade coryphène harponnée … 😉. Je sais d’avance ce que mes potes vont dire … Et ça me fait sourire !

 

Mercredi je suis confronté à un phénomène totalement nouveau et impressionnant. En effet, après une grosse journée de rame, le soir vers 21h30 alors que je ressors pour vérifier mes réglages, je m’aperçois que c’est pétole, pas un pet de vent, mes drapeaux sont en berne, une mer complètement étale au point que je n’ai même pas besoin de me tenir sur mon bateau, il n’y a aucun bruit, tout est tellement silencieux … C’est la première fois que je rencontre ce phénomène depuis le début de mon aventure, c’est limite flippant en tous cas c’est très déstabilisant … Le calme avant la tempête ? En fait, je suis dans le poteau noir (zone de rencontre des alizés Nord-Est et Sud-Est = zone où on ne peut rien prévoir, ce peut être le grand calme comme ce que je vis à ce moment-là ou le déluge avec des vents violents, contraires et tout cela de façon totalement aléatoire … ce qui n’a rien de rassurant …). Heureusement j’ai un peu de courant qui me permet tout de même de progresser. Ca ne loupe pas, quelques heures plus tard, je prends un gros grain. Le lendemain, je me lève c’est à nouveau une grosse pluie qui m’attend et pour la première fois depuis que j’ai quitté Dakar, je décide de ramer par ce mauvais temps pour continuer à avancer, je n’ai jamais été aussi proche du but …

 

J’en ai marre mais vraiment marre de dormir dans des draps humides, je me dis qu’il faut absolument que je fasse quelque chose. Ca sent de plus en plus le moisi dans ma couchette au point que je commence à ne plus le supporter … Mais je ne peux rien aérer ni rien sortir à cause des paquets d’eau qui arrivent constamment sur le pont du bateau …Je me dis que mouillé pour mouillé je vais tout de même tenter de faire sécher mon oreiller moisi dehors … Grand bien m’a pris, grâce à une petite période d’accalmie au niveau des vagues et à un soleil qui s’est montré très généreux, j’ai enfin pu faire sécher cet oreiller qui était mouillé depuis mon 1er chavirage … Je vais donc pouvoir dormir plus confortablement désormais 😉, en tout cas dans une couchette qui sent moins mauvais, j’oserais même dire qui sent presque bon … 😉.

 

Drame constaté à bord : je m’aperçois qu’il ne me reste qu’un fond de ma petite fiole de whisky et je vous avoue qu’en ce moment j’apprécie de m’en servir une lichette tous les soirs, au moment du coucher de soleil, dont certains sont vraiment magnifiques, je fais une petite pause de 5 – 1à minutes et je profite … Mais là, à ce rythme, je n’en aurais jamais assez pour aller jusqu’au bout de la traversée … Une pénurie bien contrariante. Ajoutez à cela que je risque aussi de manquer de café … Bref une fin de traversée qui s’annonce compliquée en termes de ressources incontournables … 😉.

 

Pour conclure, je vous rassure, je vais globalement bien, le moral est là. Sur cette fin de semaine j’ai enfin retrouvé une veine de courant favorable qui me remonte vers les côtes guyanaises, j’ai repris de la vitesse … Bref, j’aperçois le bout de l’aventure … Je devrais arriver d’ici une grosse semaine, bientôt je pourrai me dire « dernier lundi, dernier mardi … », c’est une sacrée étape dans mon aventure.

 

Merci d’être là, avec moi, de me suivre, de m’encourager et même tout simplement de penser à moi. Vos ondes positives m’accompagnent encore et toujours. Merci à vous tous.

 

A bientôt.

 

Stéphane

 

 

14 janvier 2018 -  5 semaines après le départ

5 semaines en mer, 2/3 de la distance totale parcourue

 

5 semaines en mer et j’ai passé les deux tiers de la traversée … Je me rapproche doucement mais sûrement de l’arrivée. Je me dis que je me suis bien habitué à mon « inconfort » mais j’ai hâte d’arriver et de retrouver le VRAI confort (celui dont on n’a pas conscience quand on en profite au quotidien 😉) c’est-à-dire un vrai lit, une vraie salle de bain, la stabilité de la terre ferme … Et surtout ma femme et mes enfants ! Avec toutes ces motivations en tête, j’ai augmenté mon temps de rame quotidien, je suis aux alentours des 7h – 7h30 de rame par jour et je ne compte pas mollir.

 

J’ai pris mon premier grain de l’aventure samedi dernier en fin de journée. Pendant 40 min environ, il a plu des cordes, j’ai tout rangé rapidement et j’ai du me mettre à l’abri dans mon cockpit tellement la pluie était forte.

Mais le beau temps est revenu rapidement, heureusement car je me suis aperçu que ma dérive s’était coincée. Il a donc fallu que je me mette à l’eau pour régler ce problème. Et là, moment d’angoisse … J’étais très concentré sur ma dérive, que je suis arrivé à remettre d’aplomb, et je n’ai pas vu arriver une daurade coryphène, qui est venue me percuter. En me retournant, j’ai vu qu’un ban d’une cinquantaine de bonites se dirigeait rapidement droit sur moi, j’ai vraiment cru qu’ils allaient m’attaquer. Je ne sais pas comment j’ai fait mais je suis arrivé à remonter en 4ème vitesse sur mon bateau … Quel moment de stress !!! Je sais qu’il va falloir que j’aille gratter la coque sous peu, et là franchement, je n’en ai nullement envie, je ne suis pas serein du tout …Remis de cette frayeur je me remets au poste de rame car il me faut continuer à ramer.

 

Dimanche, alors que je suis au poste de rame et que la mer n’est pas particulièrement clémente, je vois une montagne d’eau m’arriver droit dessus, et là, je n’y coupe pas, nouveau chavirage, mais cette fois-ci alors que je suis à l’extérieur …Il faut donc rapidement que je détache mes pieds attachés dans le footstraps (planche avec les scratch sur laquelle je pousse avec mes pieds lorsque je rame) pour me libérer et remonter vite à la surface, ce que j’arrive à faire tant bien que mal. Mais je n’ai pas le temps de trop réfléchir, le bateau se retourne à nouveau pour revenir à la normale. En fait, il a fait un tonneau … Tout s’est passé très vite, je n’ai pas vraiment eu le temps d’avoir peur. Bien entendu j’étais attaché avec ma ligne de vie, je n’ai donc pas eu trop de mal à remonter sur mon bateau. Nouveaux dégâts liés à cette avarie : une rame valide partie à l’eau (la 3ème depuis le début de l’aventure, il m’en reste donc 3 pour finir la traversée) et surtout, et là, c’est un gros coup dur, mon Iphone a été éjecté par-dessus bord lors du retournement (j’avais dessus ma musique, que j’écoutais régulièrement en ramant, de nombreuses photos et vidéos que j’avais prises pour vous montrer ce que je vis au quotidien …Tout ça est donc maintenant dans les entrailles de l’Océan … Heureusement il me reste ma GoPro). Je vous passe le fait que j’ai à nouveau pris un peu d’eau dans le cockpit à cause d’un hublot ouvert.

 

Cette semaine a été la première semaine vraiment compliquée de l’aventure. Je n’ai pas eu de bonnes conditions météo, du coup, mes progrès ont été beaucoup moins visibles. Nous sommes également arrivés dans la zone où les courants deviennent moins favorables et où il faut prendre des décisions, définir des stratégies de route. Avec Dominique, mon routeur, nous optons pour la route Sud, peut-être un peu plus longue que celle au Nord mais qui devrait m’assurer de couper la ligne d’arrivée là où elle a été positionnée. Je vais donc partir fortement au Sud pour pouvoir aller chercher une veine de courant favorable qui me ramènera ensuite vers les côtes Guyanaises. Je semble être le seul à opter pour cette stratégie, les autres gardent un cap beaucoup plus Nord. Cette route Sud est difficile, je subis des courants Sud-Est alors que moi, je veux aller Sud-Ouest, je rencontre des vents contraires et tournants, ce qui ne me permet pas d’avancer comme je veux… C’est assez démoralisant, je m’aperçois même aujourd’hui, qu’il est possible de reculer dans cette aventure (c’est ce que j’ai constaté ce matin en relevant ma position GPS) et je vous avoue que ça fiche un sacré coup au moral. Je sais que je ne suis plus très loin du but, mais chaque jour compte et voir mon arrivée se décaler ne m’enchante absolument pas. C’est la première fois depuis le début de l’aventure que je ressens une réelle solitude … Ajoutons à cela une vilaine plaie que je n’arrive pas à soigner au niveau de mon pied gauche, elle me fait souffrir et ne me permet pas de ramer correctement. Je vais prendre le temps de me soigner, il ne faut surtout pas que je risque l’infection qui pourrait m’empêcher d’aller au bout … Jusqu’ici, je gérais avec un compeed et du strap, mais ça ne tient pas, je vais tenter le bandage. Il faut que j’arrive à faire cicatriser cette plaie coûte que coûte … Je vais y attacher une attention particulière.

 

J’apprends que j’avais disparu des écrans vendredi 12 janvier au petit matin (pendant quelques heures) et que cela a beaucoup inquiété mes proches et tous ceux qui me font l’amitié de me suivre régulièrement sur la carte. Je ne sais pas ce qui s’est passé, ma balise était pourtant suffisamment chargée, je ne me suis rendu compte de rien, sauf quand j’ai reçu un sms de Dominique qui me demandait de vérifier l’état de charge de cette balise. Rassurez-vous, je suis toujours là !

 

Comme vous l’avez bien compris, semaine difficile. J’ai encore pris un gros grain hier. Je rentre dans le dur (je le savais, mais y être c’est autre chose) avec des courants et des vents qui ne sont pas favorables, je suis à peu près à la moitié de ma route Sud, qui va me permettre de retrouver des courants plus favorables un peu plus loin mais en attendant, il faut vraiment que je m’accroche et que je ne lâche rien ! Comptez sur moi mais il y a des moments plus durs que d’autres … J’ai quand même eu un petit cadeau qui m’a fait sourire dans ma boîte à surprises cette semaine : un soir, j’ai trouvé dans ma boîte d’allumettes une petite ancre en élastiques Loom, je reconnais bien là les créations de ma fille Romane. Comme j’ai perdu mon ancre principale (lors de mon premier chavirage), je me dis que je pourrais peut-être me servir de celle-là en cas de besoin … 😉

 

Anne-So m’a demandé l’autre jour si j’avais parfois des coups de blues, honnêtement pas trop (quoique cette semaine …) mais je crois aussi que je me l’interdis car je me dis tous les jours que j’ai trop de chance d’être là et de vivre cette belle aventure.

 

Même si ces derniers jours ont été éprouvants, ne vous inquiétez pas, je vais bien, je continue de ramer pour arriver en Guyane au plus vite. Merci pour tous vos messages de soutien et d’encouragement, vous n’imaginez pas à quel point ça fait du bien quand on est seul, loin de tout, de savoir que l’on pense à vous. Donc une fois encore merci à tous.

 

A bientôt.

 

Stéphane

 

7 janvier 2018 -  4 semaines après le départ

4 semaines en mer, ça y est, j'en suis à plus de la moitié du parcours  !

 

Déjà 4 semaines en mer et pour ma plus grande satisfaction, j’ai atteint la moitié du parcours ce jeudi 4 janvier à 19h précises. Une première grande victoire !!! En effet, jusqu’à ce jour je m’éloignais de Dakar (mon point de départ) et depuis jeudi soir, je me rapproche de Kourou (mon point d’arrivée), donc je me rapproche de vous. L’état d’esprit est tout à fait différent, je vais retrouver ceux que j’aime (pouvoir serrer ma femme et mes enfants dans mes bras), c’est ma plus grande motivation pour ramer encore et toujours plus … Autre satisfaction, je suis repassé devant Leon qui m’avait bien distancé à un moment. Même si je ne fais pas cette traversée dans l’optique de gagner une course, j’avoue que je suis assez fier de cette remontée.

 

Je vous ai quitté la semaine dernière juste avant le réveillon du jour de l’an, eh bien pour moi ça a été un réveillon particulier mais très réussi au beau milieu de l’océan. Pour illuminer cette journée j’ai réussi à harponner une daurade coryphène (daurade bleu-vert doré), une de celles qui tournaient autour de mon bateau depuis quelques jours. En effet, je me suis dit que j’allais essayer mon fusil harpon à tout hasard … Je n’ai jamais été un grand pêcheur (nombreux sont ceux qui pourront vous le dire). Eh bien là au premier tir, touché ! Je suis trop fier de mon exploit et immédiatement je pense à mon pote Raph et à mon beau-frère Patoche avec qui j’avais participé à un concours de pêche il y a quelques années en Vendée, nous n’avions rapporté qu’un misérable maquereau (dont nous avions fait toute une histoire) alors que tous les autres bateaux étaient rentrés avec un sacré butin … Les gars, finalement, ce n’est pas moi le plus « baltringue » des 3 … Je me hisse même désormais au rang de « pêcheur diplômé » avec cette magnifique daurade de plus d’1 mètre de long.

 

Cette semaine a encore été une bonne semaine pour moi, parsemée de nouvelles expériences, notamment cet exploit de pêche, et de bonnes surprises. En effet, j’ai enfin retrouvé le feu (grâce à un de ces briquets increvables de Douala 😊), je peux donc à nouveau manger chaud, je me suis d’ailleurs préparé ma daurade en ragoût, dommage il me manquait tout de même quelques épices pour que ma table soit digne des plus grands restaurants étoilés mais vous ne pouvez pas imaginer comme j’ai profité de ce repas malgré tout, ça fait du bien de manger autre chose que des plats lyophilisés. Avec ma gazinière à nouveau fonctionnelle, je peux me refaire du café chaud … Et ça, vous conviendrez avec moi que c’est un vrai « confort » 😉.

 

Le soir du réveillon, je téléphone chez moi, j’ai tous les copains en ligne, ça fait chaud au cœur … Il y a l’air d’avoir une sacrée ambiance à la maison. Chacun prend le temps de me dire un petit mot, ça me transporte pendant quelques instants à Bures sur Yvette. Je me couche ce soir-là avec les paroles réconfortantes des uns et des autres. J’ai quelques paquets à ouvrir (encore des surprises de mes proches : mots, photos gourmandises … qui me permettent de m’endormir le cœur en fête). Quand je me réveille le lendemain matin, le 1er janvier, j’ai la bonne surprise de trouver une vingtaine de SMS sur mon téléphone iridium. Tous mes potes s’étaient fendus d’un petit message personnalisé pour moi, ça m’a vraiment fait super plaisir même si de nombreux SMS étaient tronqués (seuls ceux de Romane, ma fille, et Alexia, ma nièce, étaient entiers – ils étaient d’ailleurs trop mignons). Du coup, j’ai du essayer de deviner qui avait écrit quoi, ça m’a occupé ! Ces attentions, ça boost le moral même s’il n’était pas mauvais.

 

Côté physique, je souffre toujours de façon importante de mes escarres. Je fais le point par téléphone avec Carole, ma belle-sœur, qui est infirmière, sur comment me soigner au mieux. Le Compeed va devenir mon meilleur allié 😉 dans cette affaire. Lundi 1er, je décide de ne pas ramer et de consacrer cette journée aux soins car je sens que j’en ai besoin. Je ne dois pas prendre ces bobos à la légère car d’après Dominique, mon routeur, les escarres (mal ou pas soignés) sont une des premières causes d’abandon sur ce genre de traversée. Il est impensable que je ne puisse pas aller au bout par négligence de ma part. Je me gendarme donc, je passe la journée à bouquiner et à tout faire pour ne pas me retrouver en position assise. Cette parenthèse/pause paye : le lendemain, mardi, je sens qu’il y a un léger mieux, je vais donc pouvoir recommencer à ramer, mais je fais attention, j’essaie d’écouter mon corps. J’ai aussi d’autres petits bobos à soigner aux pieds, notamment une crevasse qui se creuse au niveau du pied gauche et de grosses irritations au niveau du pied droit dues au frottement de mon footstraps (c’est effectivement la chaussure que j’ai perdue lors de mon chavirage qui me permettait de protéger mon pied, avant). En fin de journée, j’ai généralement très mal aux bras, d’avoir ramé longtemps. Je m’aperçois que mon corps change, j’ai perdu pas mal de muscles au niveau des cuisses (je courais beaucoup avant de prendre la mer), en revanche je me suis bien musclé au niveau des mollets et des bras. J’ai mal dans les mains en continu au point de ne plus pouvoir serrer le poing … Certains mouvements ne sont plus habituels pour moi, je sens que je vais avoir besoin de me réadapter à la vie terrestre, et que cela me prendra probablement quelques jours …

 

Autres tracas, je m’aperçois que mon téléphone iridium de secours ne fonctionne plus … A priori, c’est un problème de batterie …Le téléphone iridium principal est OK mais il ne faudrait pas qu’il me lâche car je n’aurai pas d’alternative, c’est assez ennuyeux. Autre petit souci, je me rends compte que mon horloge biologique n’est plus trop en phase avec l’heure française sur laquelle, je me calque encore en terme de rythme aujourd’hui alors que je dois avoir environ 2 heures de décalage horaire avec Paris (en plein milieu de l’océan il doit être 18h quand à Paris il est 20h), mon GPS, qui n’est pas un équipement de navigation dernier cri, ne m’indique pas l’heure à laquelle me fier. J’ai donc décidé de changer mes horloges/montres/… dès ce soir pour me recaler sur un rythme physiologique qui devrait mieux me convenir. A suivre.

 

Bon en attendant, la vie continue à bord et je dois descendre gratter la coque, cela fait quelques jours que je me le dis. Les conditions sont réunies, alors, je plonge. Il y a pas mal à faire. Je gratte au tampon jex des genres de boules d’algues qui se forment sous la coque, ralentissant ainsi ma progression. Je suis nez à nez avec des daurades coryphènes et des bonites. Il y en a bien une bonne dizaine et ces poissons sont de moins en moins farouches, ils s’approchent de plus en plus de moi. Et moi, j’avoue, je suis de moins en moins rassuré. Ouf, l’opération se termine, je remonte dans mon bateau sain et sauf (😉) avec un bateau tout propre, prêt à braver les prochaines vagues !

 

Petits plaisirs de la semaine :

-         - Les surprises du jour de l’an (photos et petits mots, que je regarde et relis très régulièrement)

-         - A noter, une de mes boîtes d’allumettes surprise (une à ouvrir chaque jour), avec un sticker de couronne et un petit mot de Romane qui me dit que même si je ne suis pas là pour la galette des rois, je reste son Roi à elle ! Je t’aime ma fille Chérie !

-         - Je me suis servi un perroquet (Ricard + sirop de menthe) en guise d’apéro un soir. C’était très agréable. Pour votre gouverne, il faut que 2 conditions soient réunies pour que je décide de me servir un petit apéro le soir : avoir eu une bonne journée et avoir des conditions météo favorables pour pouvoir savourer cet apéro sur « ma terrasse » … 😉

-         - Pour les plats, pas de grand kif, j’ai fait le tour de mes menus lyophilisés donc il n’y a plus de nouveauté, ça tourne un peu en boucle. Je note quand même mon repas 5 étoiles pour le réveillon : ma daurade coryphène : le pied que j’ai pris à la pêcher, la préparer et la déguster …

-         - J’ai fini mes mini Toblerone, du coup, je viens d’entamer ma plaquette de chocolat Lindt Création praliné feuilleté – un vrai délice -, je vous le conseille sincèrement. Déjà sur la terre ferme, c’est une tuerie, alors là en mer, c’est carrément décuplé !

 

Globalement, j’ai passé une très bonne semaine. J’ai bien navigué avec des conditions météo favorables à une belle progression. Je suis allé chercher une veine de courant porteur en descendant plus au Sud que mes camarades, sur les précieux conseils de Dominique. Cette option s’est révélée extrêmement payante car j’ai pris pas mal de vitesse (parfois quand NED « s’emballe », le bateau craque de partout, c’est impressionnant surtout au début mais ça y est je suis habitué à ces bruits), ce qui m’a permis de repasser devant Leon et d’améliorer largement mon rendement et ma date d’arrivée en Guyane. J’espère pouvoir atteindre la côte avant le 31 janvier …C’est mon objectif, même si je sais que d’ici quelques jours je vais arriver à une phase difficile en terme de courants et qu’il va falloir que je redouble d’efforts en temps de rame … Mais une chose à la fois, pour l’instant je savoure cette première moitié de parcours réalisée. J’ai une gnaque d’enfer pour attaquer la 2ème moitié, je suis sur-motivé.

 

Merci à tous pour vos messages d’encouragement et de soutien, Anne-So me les transmet très régulièrement, ils m’accompagnent au cours de cette aventure.

 

Je fais des photos, je filme à l’aide de ma Gopro … J’aurai des tas de choses à partager avec vous à mon retour.

A bientôt.

 

Stéphane

 

31 décembre 2017 - 3 semaines après le départ

3 semaines en mer et ce soir c'est le réveillon du Nouvel An !

 

Déjà 3 semaines en mer et ce soir c’est le réveillon du Nouvel An …

 

Vous devez tous être débordés avec vos préparatifs : comment je m’habille, qu’est-ce qu’on va préparer à diner … Eh bien moi, je suis bien loin de toutes ces préoccupations, car pour moi le temps s’est arrêté … J’avance sur mon parcours et c’est tout ce que j’ai en tête. Cette semaine, grande satisfaction, j’ai réalisé que j’avais déjà parcouru 1/3 de la route totale … Ca me motive énormément de voir que je progresse.

 

Lorsque je vous ai laissés la semaine dernière, je n’avais pas encore ouvert mes paquets de Noël, car j’étais encore sous le coup de mon chavirage… L’état des lieux du bateau après retournement et le rangement m’ont pris beaucoup de temps. J’étais éreinté et je vous avoue que je n’avais pas trop le cœur à la fête. Le soir du réveillon de Noël, je me suis fait un Bœuf-carottes lyophilisé froid (eh oui, plus de feu pour allumer ma gazinière …) et une délicieuse tarte au citron mais comme je tombais de fatigue, j’ai remis l’ouverture de mes cadeaux au lendemain, le jour de noël. Une fois un peu plus reposé, j’ai pu enfin profiter du moment, avec plein de surprises auxquelles, je ne m’attendais pas, mais j’ouvre chaque paquet avec parcimonie car tout a vite fait de se renverser, chaque chose ayant sa place, il faut être très méticuleux …J’ai particulièrement apprécié les petits mots (mes neveux Tristan et Alexia veulent que j’arrive premier de l’autre côté, il va falloir que quelqu’un leur dise que ça ne va pas être possible … 😉), les photos de ma famille et de mes amis, les gâteaux chinois … 😉 avec les petits messages à l’intérieur (une première pour moi), la mignonette de Ricard (que j’ai ouvert en fin de semaine pour me prendre un petit apéro face au coucher de soleil … Moment très sympa), des bonbons en pagaille, notamment des Car-en-sac (mes préférés) et des mini Toblerone - d’excellents boost moral et un régal ! Le 25 midi, je me fais plaisir avec une bonne plâtrée de spaghettis bolognaise « froide » mais ça va, je m’y habitue plutôt bien, il faut dire qu’il fait tellement chaud ici. Il faut juste que je prévois un temps de préparation un peu plus long pour mes plats lyophilisés : 30 min dans l’eau froide alors que 10 min seulement suffisent avec de l’eau chaude. Je téléphone à Anne-So et aux enfants qui sont chez ma mère. Ça me fait un bien fou de les entendre me raconter leur Noël, leurs cadeaux, pendant quelques instants, je me sens presque avec eux … Mais je reviens vite à ma réalité, balloté entre 2 vagues.

 

Petit check physique : je m’aperçois que je me suis entaillé le menton lors de mon retournement, rien de grave, mais je sens quand même la plaie. J’ai de nombreuses cloques aux mains et des escarres ouverts au niveau du fessier … Et ça c’est très très douloureux, au point que je redoute d’aller prendre position sur mon siège de rame à chaque vacation. De même je ne peux pas tenir plus de ¾ d’heure assis, la douleur est trop vive, je peux même dire que c’est un supplice … Je rame donc plus souvent mais sur des durées un peu plus courtes pour soulager mon derrière … Il fallait quand même que je vous parle de mes petits soucis physiques sinon vous vous diriez que tout est vraiment trop facile 😉 !!!

 

Cela fait maintenant 3 semaines que je suis parti et je vis des trucs de dingue tous les jours … Je répare des choses que je ne savais pas que je pouvais réparer. Ne t’emballe pas Chérie, je ne suis pas devenu bricoleur pour autant …😉. Pour l’instant, je vis vraiment une super aventure. L’autre jour, j’ai assisté à une scène extraordinaire à moins de 2 mètres de mon bateau. Tout à coup, j’ai vu une daurade sauter hors de l’eau, puis un poisson d’environ 1 mètre avec un aileron (je ne connais pas cette espèce, un genre d’espadon) sauter à sa poursuite, ouvrir une belle mâchoire et croquer la daurade en plein vol, le sang a giclé … La daurade n’a pas survécu, l’autre poisson n’en a fait qu’une bouchée. Une véritable scène de vie de mer … Bluffant ! J’ai aussi de nouveaux compagnons de route depuis quelques jours : 2 puis maintenant 4 daurades coryphènes (daurades bleu – vert métallisé avec des bandes dorées et une longue nageoire dorsale) accompagnent NED comme des gardes du corps ! Normalement ça se nourrit de petits poissons mais je vous avoue que je ne suis pas trop rassuré à l’idée de devoir retourner gratter ma coque - Bon ce n’est pas prévu tout de suite … Ouf ! En tout cas, c’est magnifique !

Je passe de plus en plus de temps à régler mon bateau, et je m’aperçois que ça me permet d’être plus efficace (plus précis dans ma trajectoire et plus rapide). Pour être totalement honnête au début, je pensais que ça ne servait pas à grand-chose mais en fait on gagne un temps précieux … Finalement je vais peut-être me mettre à la voile en rentrant alors que j’y étais assez réfractaire jusque-là … 😉. Depuis que je m’applique plus sur mes réglages, j’arrive à faire des pointes à 2,3 – 2,5 nœuds.

 

Ça y est, je suis barbu, je ne me suis pas rasé depuis le départ, je ne sais pas si je tiendrai jusqu’à l’arrivée mais je me photographie régulièrement pour suivre ma transformation !

 

Jeudi soir, Dominique, mon routeur, m’annonce des conditions difficiles pour la nuit et un risque de nouveau chavirage, ça m’angoisse un peu, je n’ai pas du tout envie de revivre cette expérience … Je fais donc un grand rangement, je ferme bien tous mes hublots même si c’est beaucoup plus compliqué pour respirer à l’intérieur, je suis torse nu et je transpire déjà. Je me couche avec appréhension. Finalement je ne me retournerai pas, mais je n’ai quasiment pas dormi, car j’étais sur le qui-vive à chaque instant. A un moment, j’ai cru que le bateau était en train de se retourner, j’ai donc sauté dans mon carré pour me préparer à faire la technique du hamster, mais finalement pas eu besoin. Bref une nuit très courte en terme de sommeil, très agitée et tout sauf sereine. Je me rends compte qu’il y a une lame de fond qui va du Nord vers le Sud et que les courants viennent s’y heurter, ce qui créé des vagues continuellement désordonnées sans réelle cadence, des remous, des creux … Bref une mer capricieuse !

 

Bilan de la semaine : je suis content et même très content. J’ai bien progressé en distance (déjà plus d’un 1/3 de fait) et en expérience, je continue à me faire plaisir. J’ai renoncé à faire sécher mon matelas (à l’intérieur, rien ne sèche c’est trop humide et à l’extérieur, avec les paquets d’eau que l’on reçoit constamment, c’est impossible), je l’ai donc découpé pour me faire des coussins supplémentaires que je mets sur mon siège de rame (pour soulager mes fesses endolories). J’ai bien gagné en vitesse cette semaine, entre mes nouveaux réglages, un temps de rame un peu plus long (6h à 6h30 par jour) et un bateau plus léger (je me suis tout de même délesté, malgré moi, de mon ancre et de 50 mètres de bout -soit pas loin de 40 kg- lors de mon chavirage la semaine dernière). Bref, l’aventure continue dans de bonnes conditions pour moi. Je n’ai toujours pas de réchaud mais ça ne me gêne pas plus que ça.

 

Je vais devoir vous laisser car moi aussi j’ai une soirée à préparer 😉, je ne sais pas encore si je sors ou si je reçois à bord ... La suite au prochain épisode !

Bon réveillon à tous. J’ai une grosse pensée pour Anne-So, mes enfants, ma famile et mes potes qui, pour la plupart, sont à la maison ce soir.

Merci à tous pour vos messages.

Levez un verre à ma santé ce soir, j’en lèverai un à la vôtre.

A très bientôt.

 

 

Stéphane

 

24 décembre 2017 - 2 semaines après le départ

2 semaines en mer et ce soir c'est déjà Noël !

 

Déjà 2 semaines en mer, et le temps passe toujours aussi vite !

 

Une grosse galère vient de m’arriver, en effet, j’ai chaviré cette nuit (nuit de samedi 23 à dimanche 24). Vers minuit, alors que je dormais, j’ai soudain été réveillé par une sensation très bizarre, j’ai tout de suite compris que le bateau était en train de se retourner … La mer n’était pas particulièrement déchaînée, j’ai juste mal pris une vague de côté, qui m’a retourné comme une crêpe … Malheureusement j’avais un petit hublot ouvert pour me permettre de mieux respirer à l’intérieur de mon cockpit la nuit, l’eau a donc pu rentrer dans la cabine et tout tremper …Sur le coup, j’ai vraiment eu le moral dans les chaussettes et puis je me suis ressaisi, j’ai fait un premier inventaire de la situation : 1 chaussure, mon ancre et 50 mètres de bout sont partis à la mer … Une rame a été cassée (il m’en reste donc 4) … Je n’ai plus de feu donc je ne peux plus rien faire chauffer, c’est probablement une des choses qui va être le plus compliqué à gérer si je n’arrive pas à récupérer de quoi faire fonctionner ma gazinière … Mon matelas, mon duvet et mon oreiller sont trempés …Heureusement mes caissons étaient bien fermés et rien de ce qui s’y trouvait n’a été mouillé … L’électricité semble fonctionner, mon GPS est en état de marche … Bref après ce premier bilan, je m’aperçois que je peux tout à fait continuer l’aventure, ce sera plus spartiate, moins confortable si on pouvait parler de confort avant … 😉

 

En dehors de cette galère, cette 2ème semaine a été une vraie semaine de réglage : réglage de mon rythme et réglage de mes équipements et notamment de mon safran qui m’a posé pas mal de problèmes. En effet suite au souci que j’ai eu la semaine dernière (safran endommagé à cause du trainard), je n’arrivais plus à garder un cap constant sur la durée et ma vitesse était très limitée ?  Ça plus le manque de vent sur une bonne partie de la semaine font que j’avais du mal à dépasser les 1,2 nœuds. Autant vous dire que j’étais particulièrement agacé par cette situation à laquelle je ne trouvais pas de solution. J’ai également cassé mon footstraps (la planche avec les scratch sur laquelle je pousse avec mes pieds lorsque je rame) à plusieurs reprises mais j’ai pu le réparer sans souci. Bref, vous l’avez compris, une semaine avec pas mal de galères … Après réflexion et discussions avec Dominique, mon routeur, je change mes réglages de safran et surtout, je décide de rééquilibrer mon bateau, j’avais probablement un peu trop chargé l’avant. En fin de semaine le vent se lève et mes nouveaux réglages semblent fonctionner, je reprends de la vitesse … ENFIN … J’ai même parfois l’impression de m’envoler avec des pointes à presque 3 nœuds …

 

J’ai fait un calcul pour mesurer ma progression en degrés de longitude, j’en ai compté 36 entre Dakar et Kourou. Ce dimanche matin, j’ai passé le « jalon » 9, je suis donc à environ ¼ du parcours total.

 

Mes kifs de la semaine (eh oui, il faut bien que je vous en parle, j’en ai aussi, je n’ai pas que des galères 😉) :

-       J’ai assisté à plusieurs reprises à des ballets de poissons volants, c’est extraordinaire. Ils peuvent être 10 – 15 – 20 – 30 et ils sautent jusqu’à 1 mètre au-dessus de la mer, virevoltant ensemble comme s’ils étaient en représentation. Magnifique !

-       Un petit goéland est venu de poser sur l’avant de mon bateau alors que je ramais, majestueux !

-       Ah, je ne peux pas passer sous silence cette délicieuse mousse au chocolat lyophilisée (à tomber par terre), je décerne également une mention particulière au jambon à l’œuf et au gratin dauphinois, lyophilisés bien entendu

    J’ai ouvert la bouteille de whisky que je me suis achetée avant de partir (il y a quand même des incontournables), mais ce n’est pas évident de se servir un petit verre à bord, tellement ça bouge tout le temps, il faut donc bien viser et attendre le bon moment (ou plutôt la bonne vague) pour éviter de tout renverser … Vous avez donc compris que j’ai eu quelques déboires de ce côté-là …

-      Une des boites surprise (que j’ouvre le soir avant de me coucher) m’a fait sourire. Elle avait été préparée par ma fille Romane : 1 pièce de 2 euros avec un petit mot : « Au cas où tu croiserais un marchand de glaces … 😉 », je vais la garder précieusement et je l’utiliserai pour m’acheter cette fameuse glace dès que je retrouverai la terre ferme – merci ma Chérie !

 

J’ai un peu augmenté ma cadence de rame, je suis à 5 – 6 heures de rame par jour, je ne rame toujours pas la nuit mais je me réveille toutes les 3 heures pour vérifier et, le cas échéant, rerégler mon cap.

Je suis bien entendu tout le temps attaché, il faut dire qu’on est tellement balloté dans tous les sens et sans arrêt, qu’il n’est pas imaginable de ne pas s’assurer. Les occasions de passer par-dessus bord sont bien trop nombreuses.

 

Mon dessalinisateur fonctionne bien, je le fais tourner environ 1 heure par jour en plein après-midi au moment où le soleil est le plus fort pour utiliser l’énergie de mes panneaux solaires car l’opération est extrêmement consommatrice d’électricité. En 1 heure, je récupère environ 5 litres d’eau, c’est juste ce dont j’ai besoin, au quotidien, pour ma consommation d’eau (boisson, préparation culinaire et toilette).

 

Je ne vois pas les journées passer, je fais ma petite vie sur mon poste de rame et dans mon petit cockpit. La vie s’organise donc doucement, tranquillement au rythme des vagues incessantes. J’avance mieux et plus facilement. Je me rends compte que j’acquiers, au fil du temps, des compétences qui me font grandir dans l’aventure. J’irai bien courir, mais bon, c’est un peu compliqué vu mon environnement, il va falloir que j’attende un peu … 😉

 

Je m’aperçois que je suis totalement déconnecté du monde réel. Je sais qu’on est en décembre parce que c’est marqué sur mon GPS mais c’est tout … Ce soir c’est Noël mais je ne m’en rends pas bien compte. Je vais quand même me préparer mon petit réveillon à moi (loin de mes proches, c’est ce qui va être le plus dur), je vous raconterai tout ça lors de mon prochain journal de bord.

 

Joyeux Noël à vous tous.

 

Merci pour tous vos messages qu’Anne-So me transmet régulièrement et qui me portent.

 

Stéphane

 

17 décembre 2017 - 1 semaine après le départ

Déjà 1 semaine au large !

 

Eh oui, déjà 1 semaine que j'ai quitté Dakar et je n'ai pas vu le temps passer.

 

Les 2 premiers jours ont été assez compliqués pour moi, l’acclimatation à ce nouvel environnement (l'océan, le vrai, pas celui de nos côtes françaises, celui qui bouge vraiment) ne s'est pas faite instantanément ... J'avais le mal de mer et étais complètement apathique, vidé de toute énergie, sans pouvoir rien y faire ... Je subissais ...

A ça, se rajoutaient d'importantes courbatures, effectivement on n' a pas l'habitude de vivre courbé ou assis toute la journée ...

La mer est forte, voire très forte, il y a une grosse houle (creux de 4 à 5 mètres parfois), au point de me réveiller la nuit, parfois avec fracas. Il faut s'imaginer que ça remue tout le temps, les vagues arrivent de partout (je suis balloté dans tous les sens), il n'y a pas un instant où je ne fais pas un effort physique pour m'équilibrer sur mon bateau, c'est une sacrée séance de gainage :-), mais c'est usant !

Petit à petit, j'arrive à surpasser ces désagréments et à m'adapter à ces nouvelles conditions de vie pour moi.

 

Mercredi je me sens beaucoup mieux, j'arrive à réparer ma gazinière dont je ne pouvais pas me servir correctement jusque-là, c'est quand même beaucoup mieux pour se préparer à manger.

J'alterne entre plats lyophilisés et plats à réchauffer, j'essaie de varier les goûts.

La mer est toujours très forte, d'ailleurs je casse un aviron par manque d'attention sur une vague récalcitrante. Heureusement, je suis parti avec 3 paires de rames, il m'en reste donc suffisamment, mais il faut que je sois plus vigilant à l'avenir.

 

Je constate des lenteurs dans mes communications satellites avec la terre ferme (mon routeur et ma famille) qui ne reçoit pas toujours mes messages ...

Je comprends que je suis parti un peu trop au Sud, je vais donc devoir rectifier mon cap progressivement.

 

Je suis en forme, j'ai le moral, je commence à trouver mon rythme à bord, j'arrive à ramer 4 à 5 heures par jour, et je compte bien augmenter la cadence dans les prochains jours. Je n'ose pas encore ramer de nuit car les vagues sont fortes et je n'y vois rien, ce qui est assez angoissant.

Tous les soirs, j'ai un petit rituel très réconfortant. Avant de me coucher j'ouvre une petite boite d'allumettes dans laquelle se trouve un petit mot, une photo ou une friandise (je ne sais jamais ce que je vais trouver). Ce coffret surprise (avec plus d'une soixante de petite boîtes - 1 par jour) a été préparé par ma famille et ça me fait un bien fou de les savoir avec moi tous les jours, ne serait-ce que par cette petite attention.

 

J'ai la chance de voir des dauphins et une baleine à, à peine, 5 mètres de mon bateau, tellement près, que j'ai peur qu'elle me fasse chavirer...

J'aperçois également de loin 2 cargos. Je ne suis donc pas tout seul !

 

Dès vendredi, je commence à avoir des problèmes de vitesse et de trajectoire, je mets un peu de temps à comprendre ... Grâce à Dominique mon routeur, je m'aperçois que j'ai un souci avec mon safran.

Mon trainard s'est enroulé autour de mon safran ayant pour conséquence de me ralentir fortement et de ne pas me permettre de suivre un cap déterminé.

Ce matin, dimanche, c'est décidé, il faut que je me mette à l'eau pour aller voir sous le bateau ce qui se passe. Heureusement la mer s'est un peu calmée, je peux donc plonger.

Je démêle le bout enroulé autour du safran, mais celui-ci a été endommagé, c'est la galère, je tente une réparation de fortune, ce n'est pas idéal, je vais probablement continué à être gêné sur ma trajectoire mais je peux continuer à avancer.

 

Ce soir, j'ai fait ma première lessive à bord ! Ça s'est bien passé.

 

Je constate que depuis quelques heures j'ai un compagnon de route, un requin roussette d'environ 1 mètre, qui semble déterminé à m'accompagner encore un peu.Je ne suis pas hyper rassuré et espère que je n'aurai pas besoin de replonger tout de suite sous le bateau ...

 

Comme vous l'avez certainement compris, je vais bien, je suis en forme et j'ai le moral.

Ce que je vis est tout simplement incroyable, extraordinaire, j'aurais des tas de choses à vous raconter à mon retour.

 

Anne-So m'a transmis vos messages.

Merci pour vos encouragements, ça fait chaud au coeur de se savoir soutenu

 

10 décembre 2017 - Jour J

Jour J - Le grand départ !

 

Arrivé le 1er décembre à Dakar, les jours qui ont précédé le grand départ ont été très chargés, même plus que je ne l'imaginais.

Dépotage du bateau lundi 4 décembre suite à un contretemps. C'est ça l'Afrique, en effet, j'aurais du le récupérer samedi 2 dès mon arrivée mais un jour férié est venu contrarier l'agenda initial.

Pas de casse lors du transport, c'était déjà une excellente nouvelle.

J'ai passé le début de la semaine à bricoler sur mon bateau, faire quelques courses pour ma traversée.

 

Mercredi soir, le 6, arrivée d'Anne-So, mon épouse et de Vanina une amie, et ma Directrice de communication ;-)

Je suis ravi de les retrouver, elles vont d'ailleurs me donner un sacré coup de main : travail sur les cartes, sur la route idéale, les caps à suivre, les déclinaisons à prendre en compte, ... Réglage des téléphones iridium ...

 

Jeudi 7, nous sommes invités à déjeuner chez Mehdia, François et Gofrane, des amis rencontrés lors de notre expatriation au Cameroun. Ils sont aujourd'hui résidents à Dakar au Sénégal.

Nous avons été reçus comme des rois, Mehdia a très largement diffuser auprès de ses relations l'annonce de mon départ approchant ... Ils seront nombreux à venir assister au départ !

 

Vendredi 8, grande joie, totalement imprévue, j'ai vu débarquer dans le restaurant où nous dinions, mon super pote Raph, venu lui aussi me donner un coup de main sur la dernière ligne droite. Je n'étais absolument pas au courant de sa venue, j'ai été très touché.

 

Samedi 9, derniers préparatifs, il y en a toujours même quand on croit avoir fini, il en reste ...

 

Dimanche 10, enfin le JOUR J, l'adrenaline est à son comble, je n'ai pas très bien dormi, je suis très excité de ce qui va arriver.

Grosse émotion sur le ponton quand je dois quitter ma femme et mes potes, je les serre dans mes bras ... Il n'y a pas de mot, c'est très dur de se quitter ... Dernier coup de fil à mes enfants, à ma mère, là aussi, moments très poignants ...

 

Je monte dans mon embarcation et me laisse tracter jusqu'au point de départ : l'Anse Bernard devant le restaurant le Lagon.

Je prends le temps de manger un peu (Merci à Mehdia pour la salade de riz), de mettre ma tenue de rameur et d'appeler Dominique mon routeur pour recevoir ses derniers conseils.

Pour moi, le temps va s'arrêter au coup de sifflet du départ, je vais vivre en dehors du temps et des codes.

L'attente est insoutenable.

13h15 , heure de Dakar (14h15 en France), premiers coups de rame ENFIN !!!

Nous sommes 3 bateaux à tenter l'aventure.

Il fait très chaud, mais je me sens bien.

Mon départ a été filmé en Facebook Live (vous pourrez facilement revoir les vidéos si vous le souhaitez).

J'ai eu le plaisir de revoir Anne-So, Vanina et Raph au bout d'1/2 heure environ. En effet, ils s'étaient débrouillés pour récupérer une pirogue pour me rejoindre en mer et m'ont suivi sur mes premiers miles.

Puis est venu le temps des "au revoir", pour de bon cette fois.

 

Ca y est, me voilà seul en mer.

Au bout de quelques heures je ne vois déjà plus mes petits camarades.

Prochain journal de bord dans une semaine, il va me falloir trouver mon rythme.

 

Merci pour tous vos messages de soutien et d'encouragements, ils me vont droit au coeur et vont m'accompagner durant toute ma traversée.

 

2 décembre 2017 - 1 semaine avant le départ

Dakar !

 

Ça y est, une nouvelle étape est franchie avec mon arrivée à Dakar ce vendredi, lieu de départ de la traversée. Je devais récupérer le bateau samedi, ça devrait être lundi après-midi pour des raisons de jour férié au Sénégal vendredi. Un contre temps à priori sans gravité, j’ai un peu de marge d’ici dimanche pour finaliser la préparation du bateau. J’espère seulement qu’il n’y aura pas de casse importante dans le transport !

Cette semaine a été très chargée pour boucler tout ce que je pouvais au boulot et finir de préparer les bagages en priant pour ne rien oublier. J’ai aussi testé le téléphone satellite avec succès. Ça n’a l’air de rien, mais c’est un peu de stress en moins.

Indiciblement tout s’accélère. Y compris la montée d’adrénaline.

Les émotions aussi sont vives avec la dernière embrassade avec mes 3 enfants que je ne reverrai que dans plus de 2 mois. Sans conteste la plus longue séparation que nous aurons connu jusqu’ici.

Anne-So me rejoint à Dakar mercredi soir, avec Vanina, une amie qui nous donne un coup de main depuis le début. Elles seront avec moi jusqu’au départ. Je pourrai profiter de la présence de ma femme jusqu’au bout. Elle sera à l’arrivée aussi, la séparation sera donc un peu moins longue et une motivation supplémentaire pour moi pour ne pas traîner au milieu de l’Atlantique !

La dernière semaine s’annonce sous le signe de l’agitation. J’ai decouvert Dakar ce week-end. Les Sénégalais sont assez accueillants et on trouve tout à Dakar, certes dans un joyeux capharnaum. En cas de problème, il y aura toujours une solution. Mon expérience africaine (expat 5 ans au Cameroun) me sert beaucoup pour comprendre la culture et les usages locaux, ce qui évite que je perde trop de temps.

Dès demain lundi, je me concentre sur le bateau et sur tous les points logistiques. D’abord la sortie du container, inventaire complet, petites réparations le cas échéants. Puis rangements et tests des différents équipements. Et enfin mise à l’eau et derniers réglages. Les derniers moments disponibles seront consacrés à la tactique de route avec Dominique mon routeur depuis la France.

Ça n’a pas l’air comme cela, mais la semaine ne sera pas de trop.

Lors de la prochaine publication du journal de bord, je devrais être en mer !!!!

 

26 novembre 2017 - 2 semaines avant le départ

Plus que quelques jours avant le décollage pour Dakar !

L'entraînement se poursuit encore et toujours mais à un degré légèrement moindre. Il faut faire du jus ...

 

J'ai fait mes dernières petites emplettes :

  - lunettes de soleil (qui ne craignent rien),

  - mitaines (ça peut servir ...),

  - chapeau contre le soleil, ...

et j'ai commencé à préparer ma valise avec les matériels que je n'avais pas pu mettre dans le bateau car pas encore livrés au moment de son départ : pompe à eau, balise de secours, GPS manuel, les cartes papier marines et ...

mes 2 téléphones iridium ... outil indispensable pour la communication quotidienne avec mon routeur et de façon moins intensive mais importante quand même avec ma famille ... Il va juste falloir que j'arrive à les mettre en service, mes premiers essais n'étant pas très probants ...

 

Et maintenant vivement vendredi et mon départ pour Dakar !

 

 

19 novembre 2017 - 3 semaines avant le départ

Dernière ligne droite avant le décollage pour Dakar !

L'entraînement se poursuit intensément à quelques jours du départ pour le Sénégal.

 

J'ai rassemblé les derniers matériels à emporter avec moi pour compléter l'équipement du bateau, je suis presque fin prêt.

J'ai vérifié mes réservations d'hôtel et d'avion, normalement tout devrait bien se passer de ce côté là ... :-)

 

NED, mon compagnon de "route" pour l'aventure, est bien arrivé à Dakar ... Il m'attend.

Dernier stress à ce sujet : les formalités de dédouanement, qui devraient avoir lieu le 2 décembre, le lendemain de mon arrivée.

 

L'interview des élèves de 4ème du collège la Guyonnerie à Bures sur Yvette est venue jalonner gaiement ma semaine, j'attends la vidéo montée avec impatience ...

 

Ce week-end, les copains sont venus à la maison pour fêter mon départ prochain et le début de la Grande aventure.

Résultat : dernière grosse bringue avant le départ !

 

Plus que quelques jours avant le départ (10), j'ai plus que hâte ... !!!

 

 

12 novembre 2017 - 4 semaines avant le départ

C'est long d'attendre !

Voilà une semaine de plus de passée dans cette interminable ligne droite avant le départ ... à Dakar ! Et ça, c'est dans 3 semaines.

 

La nouvelle de ces derniers jours, c'est la bonne réception quotidienne des cartes des courants (envoyées par mail par le partenaire Mercator) : 8 cartes pour couvrir tout le parcours, données du jour et prévision à J+1 et J+2, soit 24 cartes par jour qui seront analysées précisément par mon routeur pour me conseiller sur le cap à prendre.

 

A part cela, un peu de travail de communication avec mes partenaires et la préparation de mon absence au bureau pendant une longue période sont les seuls faits marquants de la semaine.

 

La semaine prochaine devrait être un peu plus agtitée : interview par des élèves de 4ème du collège de Bures sur Yvette pour parler de l'aventure, récupération du 2ème téléphone iridium, et étude des cartes de la traversée.

 

Et  biensûr et toujours, la préparation physique reste une préoccupation quasi journalière.

 

 

5 novembre 2017 - 5 semaines avant le départ

La longue attente...

Je m'entraîne et je continue à ronger mon frein... 4 semaines à attendre avant de monter dans l'avion pour Dakar. Quand j'y serai, les 9 jours sur place passeront plus vite car j'aurai du travail sur place : dépotage et mise à l'eau du bateau, quelques petites réparations, rangement du bateau, tests des appareils électroniques. Et pas seulement, il le faudra m'amariner pour être fin prêt physiquement le 10 décembre.  De quoi rentrer sereinement dans la dernière étape de l'aventure : la traversée en elle-même !

 

Le partage avec mes camarades, partenaires et mon équipes devrait également occuper mes journées.

Mais en attendant, je m'entraîne et je travaille. La bonne nouvelle, c'est mon expérimentation de samedi dernier. 3h14 sur mon rameur pour boucler la distance mythique du marathon - 42 km ! Pas de mal particulier et pas de courbature ! Ca va bien !

 

Le moral est bon, mais j'aimerai que les jours passent le plus vite possible.

 

 

 

 

29 octobre 2017 - 6 semaines avant le départ

La longue attente...

Je m'entraîne et je continue à ronger mon frein... 4 semaines à attendre avant de monter dans l'avion pour Dakar. Quand j'y serai, les 9 jours sur place passeront plus vite car j'aurai du travail sur place : dépotage et mise à l'eau du bateau, quelques petites réparations, rangement du bateau, tests des appareils électroniques. Et pas seulement, il le faudra m'amariner pour être fin prêt physiquement le 10 décembre.  De quoi rentrer sereinement dans la dernière étape de l'aventure : la traversée en elle-même !

 

Le partage avec mes camarades, partenaires et mon équipes devrait également occuper mes journées.

Mais en attendant, je m'entraîne et je travaille. La bonne nouvelle, c'est mon expérimentation de samedi dernier. 3h14 sur mon rameur pour boucler la distance mythique du marathon - 42 km ! Pas de mal particulier et pas de courbature ! Ca va bien !

 

Le moral est bon, mais j'aimerai que les jours passent le plus vite possible.

 

 

 

 

22 octobre 2017 - 7 semaines avant le départ

Sentiment mitigé cette semaine

Si je veux absolument positiver, je pourrais dire que la semaine s'est très bien déroulée : j'ai obtenu mon certificat restreint de radiotéléphonie, déposé le bateau à Rouen pour son empotage cette semaine, intensifié l'entraînement physique, et j'ai même une piste pour un nouveau partenaire.

 

Bon alors quel est le problème ?

  

Maintenant que le bateau est parti, je suis assailli par les doutes : qu'est ce que j'ai oublié, est ce que j'ai assez de nourriture, vais je recevoir la dernière balise que j'attends dans les temps, .. ?  

Du coup, je ne dors pas très bien. Pourtant je ne suis pas du genre à stresser, mais cela montre aussi que j'ai conscience des difficultés auxquelles je pourrais être amené à faire face !

Quoiqu'il en soit, je reste sur mes plans initiaux, parce que fondamentalement ils fonctionnent ! Donc pas de quoi s'inquiéter en théorie... en théorie !!

 

Le programme de cette semaine : récupérer enfin ma balise Epirb, Suivre la mise en container du bateau, et continuer la préparation physique ! A 7 semaines du départ, l'aventure se précise...

 

 

15 octobre 2017 - 8 semaines avant le départ

Presque presque prêt (suite) !

 

Les derniers jours de la semaine ont été très intenses avec, en point d'orgue, le chargement du bateau qui doit être prêt à être convoyé à Rouen. Tous les formalités administratives ont également été faites ! Je vais donc pouvoir confier le bateau avec la quasi totalité du matériel vendredi à mon transitaire ... bonne nouvelle et un souci de moins.

 

Dans le paragraphe ci-dessous, il y a un hic : " avec la quasi totalité du matériel" ... seulement ! Il me manque encore quelques équipements essentiels au bon déroulement de mon aventure en mer : les 2 téléphones satellite, la VHF portable, la radiobalise de localisation satellite, le GPS manuel. Rien que cela ! Tout est commandé mais rien n'est arrivé. Ca va être la course semaine prochaine.

 

Avec tout cela, impossible de bosser l'examen du certificat radio restreint obligatoire pour naviguer au large à l'étranger ! Je passe l'examen jeudi. Ce n'est pas gagné, mais je vais y travailler en mode commando...ce ne sera pas la première fois.

 

Globalement, ca va. Le fait d'avoir chargé le bateau me rassure. Je vais pouvoir aborder la dernière ligne droite sereinement et profiter des week-ends pour faire des entraînements de meilleure qualité et commencer à prendre un peu de repos. Et j'ai pu constater une fois de plus que mes proches sont à fond avec moi dans la préparation de l'ecpédition...

 

Ca se présente bien. Je vais quand même m'inquiéter qu'il n'y ait pas de casse pendant le transport du bateau jusqu'à Dakar et que le dédouanement se déroule sans problème. Mais là tout de suite, je suis serein !

 

Vivement le week-end prochain, je vais pouvoir dormir ! Enfin, entre 2 entraînements...

 

 

8 octobre 2017 - 9 semaines avant le départ

Presque presque prêt !

 

La semaine a été consacrée aux dernières vérifications avant le départ du bateau, maintenant fermement planifié le 20 octobre, et la fin du check-up médical.

 

C'est une période assez stressante à vivre finalement. D'une part, je constate qu'il me manque toujours un matériel, que je n'ai pas vérifié l'état de fonctionnement de tel ou tel matériel. Un fournisseur me contacte pour m'informer que le matériel commandé n'est plus en stock et que le délai de livraison va être allongé ! Bref, le matin, je suis serein car j'ai l'impression que tout est prêt et finalement dans la journée, je dois gérer tel ou tel manque... avec cette impression que j'oublie toujours quelque chose !!!

 

D'autre part, les examens médicaux que je considérais comme une formalité m'ont finalement, mais heureusement inutilement, inquiété. Je fais parti de ces personnes qui craignent de rentrer dans un hôpital en pleine forme et d'en sortir malade. Résultat final : tout va bien !

 

Dans 2 semaines, le bateau sera dans son container et  je pourrai me consacrer à la préparation physique et à la communication avec les partenaires. Je devrais être plus serein aussi. J'ai hâte d'avoir fini le chargement du bateau, ce qui devrait être le cas ce week-end. Il manquera encore quelques équipements que j'aménerai en avion avec moi, mais tout est commandé maintenant.

 

Mardi, le départ sera dans 2 mois ! A l'echelle de cette aventure, c'est demain. Donc l'adrénaline monte progressivement. Je sais que je dois mettre un dernier coup de collier cette semaine pour assurer le départ du bateau dans de bonnes conditions et finir la préparation globale sereinement.

 

Une certaine fatigue s'installe insidieusement. Une leçon à tirer est qu'une préparation longue demande une constance importante pour ne rien laisser de côté ou prendre le risque de négliger tel ou tel point qui mettrait en péril l'expédition. Le soutien de l'équipe qui vous entoure est là essentiel ! Merci à eux, c'est extremement appréciable.

 

Je tiens bon et le temsp file à la vitesse de la lumière. Pour l'instant, pas d'alerte, c'est déjà cela. Donc le moral reste bon. 

 

 

1er octobre 2017 - 10 semaines avant le départ

Sous les meilleurs auspices !

Très bonne semaine de passée à maintenant 2 mois de mon vol pour Dakar.

 

D'abord d'un pont de vue financier, eh oui composante essentielle de l'aventure, j'ai obtenu 2 accords de principe de nouveaux partenaires. Et en plus, j'ai une nouvelle piste  ! Le budget est toujours loin d'être financé, mais cela constitue une aide précieuse.

 

Autre sujet, le check-up médical. Cette semaine aura été marqué par un passage chez le dentiste. Un examen complet pour réduire le risque de rage de dents pendant la traversée. Résultats : une dent de sagesse retirée et un panoramique qui a montré que le reste de ma dentition est en bon état ! Et comme je suis dans une bonne spirale, même pas de douleur après l'intervention !

 

J'ai aussi réceptionné la nourriture pour 60 jours de mers (40 à 50 jours de traversée + 10% de marge). Il faudra quelques compléments mais l'essentiel est là. Il ne me manque plus que quelques matériels.

 

La préparation physique, qui va encore s'intensifier puisqu'on est entré dans les dernières semaines décisives, se passe bien. La durée des sessions de rame s'allonge sans traumatisme... un bémol toutefois, je n'arrive pas à être raisonnable côté alimentation !!

 

La semaine qui vient est importante aussi ! Au programme :

 

- la fin du check-up médical

 

- les derniers matériels à se procurer et rangement du bateau

 

- la concrétisation des accords de partenariat

 

Le journal de bord de la semaine prochaine devrait être garni !

 

24 septembre 2017 - 11 semaines avant le départ

Check-up et derniers détails

 La semaine dernière et celle qui vient d'ailleurs sont consacrées à rependre point par point ce qui doit être en place. Donc l'occasion de constater qu'il reste pas mal de travail avant le départ :

 

- préparation du bateau : en attente de la nourriture lyophilisée commandée pour tenir 60 jours, puis rangement du bateau avec tout le matériel. Ca n'a l'air de rien mais cela prend beaucoup de temps 

- matériels manquants : à la recherche d'un prêt pour 2 téléphones satellite et dernière grosse séance de shopping dans un magasin spécialisé en matériel nautique à programmer

- dossier médical : finir les tests physiques ! Le bilan sanguin est bon et validé. Séance dentiste samedi matin pour limiter le risque de rage de dent pendant la traversée

- encore un examen : Certificat Restreint de Radiotéléphoniste. Il est obligatoire pour toute navigation à l'étranger. Je suis inscrit, examen le 19 octobre

- la communication : mise au point des actions de communication avec les partenaires et préparation des conférences.

 

Et bien entendu, de plus en plus de temps consacré à l'entraînement physique.

 

Le bateau part dans 3 semaines, moi dans 10. Ca va venir de plus en plus vite avec tout cela ! Ces derniers moment de préparation sont très excitants. Bref, malgré la montée de la pression, tout va bien !

 

 

17 septembre 2017 - 12 semaines avant le départ

Semaine utile malgré tout !

Bien qu'en déplacement professionnel, la semaine a été bonne.

 

Concernant la préparation physique, je monte en puissance et je sens les progrès, ce qui est très encourageant ! À un peu moins de 3 mois du départ, j'estime même être un peu en avance ! Bonne nouvelle ! Je dois donc faire attention à ne rien lâcher parce que je dois arriver au top au départ le 10 décembre.

 

Ces 2 derniers dimanches m'ont permis de partager cette aventure avec beaucoup de personnes lors de la présentation du bateau dans ma ville le 10 et aux rameurs de la traversée de Paris à l'aviron hier.

 

J'ai d'ailleurs participé à la traversée de Paris avec Ned, mon bateau. Super de pouvoir ramer sur la Seine, balade de 2h parmi les participants venus de partout en France et quelques voisins européens.

 

Au programme de la semaine à venir : la poursuite de l'entraînement, la fin du Check up médical et de la préparation du bateau dimanche.

 

Bon, cela ne restera pas comme une grosse semaine, mais elle n'aura pas été inutile non plus...

 

 

10 septembre 2017 - 13 semaines avant le départ

Quelle semaine !

Cette semaine a été très riche dans la préparation et dans le partage du projet...

 

D'abord, une grande partie de la semaine s'est déroulée au CEPS de Lorient, le centre d'Etude et de Pratique de la Survie en mer. Beaucoup de conseils et d'informations qui pourront être précieuses pour la réussite de cette expédition et pour les prochaines d'ailleurs...

Les manoeuvres de retournement du bateau ont également permis de "démystifier" les procédures si cela devait arriver en mer. La pire des situation est de se retourner, hublot ouvert, le bateau plein d'eau. Il reste insubmersible, mais il faudra quand même plonger sous le bateau, rentrer dans la cabine, fermer le hublot, puis pomper l'eau pour l'extraire de la cabine pendant 2 ou 3 heures à mon avis. Beaucoup de temps et surtout d'énergie dépensée pour rien. Donc, il me faudra rester très vigilant pendant la traversée à bien fermer le hublot systématiquement !!

Les instructeurs ont d'ailleurs insisté fortement sur la prévention. Tous les risques doivent être soigneusement listés et les mesures pour réduire ces risques doivent impérativement mis en oeuvre. Bien sur le risuqe 0 n'existe pas, mais on peut quand même en réduire le nombre et les effets.

 

J'ai pu profiter de mon séjour en Bretagne pour faire faire les derniers travaux sur le bateau. Il est fin prêt. Reste quelques finitions : silicone autour des entrées potentielles pour assurer une étanchéité complète et puis place au rangement de chaque chose à sa place en trouvant la meilleure solution pour fixer chaque équipement pour que cela ne sa balade pas avec le roulis du bateau.

 

La semaine s'est aussi terminée en beauté avec la présentation du bateau et du projet aux Buressois à l'occasion du forum des associations. Beaucoup de monde s'est montré intéressé et cela a été un grand moment de partage, bien aidé par ma femme, mes enfants, ma belle-soeur et quelques amis.

 

Plus que 3 mois avant le départ, j'ai de plus en plus hâte d'y être...

 

2 septembre 2017 - 14 semaines avant le départ

J - 100

A 100 jours du départ ! Dans 100 jours, à 10h du matin, si la météo le permet, je serai dans mon bateau devant Dakar pour débuter cette traversée de l'Atlantique à la rame.

 

Je suis très motivé à cette heure, même s'il me reste encore beaucoup à faire. Je suis porté par des faits de plus en plus concrets : outre le fait que j'ai navigué sur mon bateau dans le courant des dernières semaines, le stage de survie en mer la semaine prochaine, la fin de la préparation du bateau, l'intensification de l'entraînement sont autant d'éléments qui font monter une saine pression !

 

Je dois encore m'occuper avec toute l'équipe du plan nutrition et de commander la nourriture, ranger, vider, re ranger, re vider, ..., le bateau pour que chaque chiose trouve sa place naturellement. Et encore une fois, l'entraînement : ramer, ramer, ramer... Pas tous les matins faciles : se lever de très bonne heure pour passer du temps sur le rameur à la maison avant d'entamer la journée de boulot. Je me projette pour me motiver. Je me vois sur l'eau en train de ramer. Des images positives qui me serviront aussi pendant la traversée !

 

100 jours, ca va aller très vite ! 100 jours, c'est encore loin...je ne sais plus.

 

Bon, on est samedi, j'arrête de réfléchir ce matin et je vais m'entraîner.

 

Moral au beau fixe encore cette semaine ! 
   

 

27 août 2017 - 15 semaines avant le départ

La date de départ est fixée !

 Moral au beau fixe !

 

Les nouvelles sont effectivement bonnes.

 

La logistique de la traversée est de plus en plus en claire avec des dates précises :

 

- Stage de survie obligatoire (et nécessaire) du 5 au 9 septembre à Lorient. C'est le même stage que les skippers pro ! Adapté à la rame.

- Semaine du 16 au 20 octobre : empotage des bateaux à Rouen en container direction Dakar

- 1er décembre : avion pour Dakar

- 10 décembre : départ de la traversée !! J'ai hâte d'y être maintenant.

 

Ces dernières semaines ont été consacrées à la prise en main du bateau en conditions réelles : navigation en mer, prises des repas, rame pendant plusieurs heures, ... Ca, c'est du concret et ca vous met dans le bain (sans jeu de mot)...

 

L'organisation suit donc son cours avec des faits concrets. J'ai encore quelques éléments à gérer sur le bateau mais je vais pouvoir me consacrer à l'entraînement spécifique. En un mot, je vais beaucoup RAMER !! En vrai sur mon bateau ou sur un skif, et aussi sur l'ergo, le rameur des salles de sport.

 

Donc, je ne lâche rien !! 
  

 

11 juillet 2017 - xx semaines avant le départ

Je respire enfin beaucoup mieux !

 Le "xx" semaine avant le départ n'est pas une erreur. Le xx vaut environ 21 ou 22 semaines.
 
 Mais enfin je vois la sortie du tunnel :

 

- l'organisateur initial est défintivement défaillant, mais après plusieurs semaines de recherches et de discussions, un nouvel organisateur est en place. Le site Internet devrait être en ligne d'ici quelques jours. Le parcours précis et les dates précises seront dévoilés dans la foulée...Il pourra y avoir quelques jours de décalage.

- la première mise à l'eau du bateau est planifiée le 23 juillet à la base de loisirs de Moisson dans les Yvelines

- tout est calé au niveau logistique pour la sortie de 3 jours en conditions réelles en Vendée. Reste le parcours exact à planifier. J'y travaille !

- le marquage du bateau est en cours

- l'équipement est quasiment complet, il me reste le desalinisateur à remonter (il a été repackagé).

 

Bref, j'ai le moral au beau fixe ! La tension monte un peu parce que la façon dont vont se passer les opérations les prochaines semaines va être déterminante pour la suite de l'aventure. Si tout va bien d'ici fin août, il ne me restera plus qu'à affiner mon entraînement et les derniers détails logistiques...

 

Bon à suivre ! Départ dans environ 5 mois...autant dire après-demain ! 

 

23 juin 2017 - 22 semaines avant le départ

Quelle galère !!

 Quelle galère de trouver un endroit pour mettre le bateau à l'eau !?

Et personne ne semble pouvoir m'aider sur ce point spécifique !

Le problème est qu'il faut réunir plusieurs conditions : un endroit calme type lac, donc un lac assez grand et assez profond. Une grue pour mettre le bateau à l'eau, un grutier homologué pour la manipuler. Et bien c'est moi d'être simple en région parisienne.
Et ça tombe pas bien car j'ai un agenda très chargé professionnellement, ce qui ne me laisse que peu de temps pour m'en occuper...

C'est vraiment le point dur du moment ! En revanche, ça s'arrange sur d'autres pans importants, notamment l'organisation de la traversée elle-même.

Il faut vraiment que je boucle cette mise l'eau parce que ça a tendance à m'agacer. Allez je j'avoue, humeur un peu râleuse cette semaine !!

 

15 juin 2017 - 23 semaines avant le départ

Semaines décisives

 

 

Je ne suis pas très bavard ces temps-ci. On pourrait croire que c'est parce qu'il ne se passe rien, mais en fait, c'est tout le contraire !

 

 

 

Je passe rapidement sur la préparation physique qui avance bien et sur la préparation du bateau qui suit son cours comme l'acquisition du matériel nécessaire, qui prend du temps mais c'est gérable...

 

 

 

Le plus chronophage, c'est l'organisation des grands événements, surtout depuis que l'organisateur initial s'est révélé défaillant :

 

 

 

- les discussions avec le nouvel organisateur potentiel : ca avance bien et on s'oriente vers un départ de Dakar et une arrivée sur Kourou en Guyane. Ca avance mais rien n'est finalisé !!

 

- la première mise à l'eau : très difficile de joindre mes interlocuteurs pour obtenir les autorisations et la disponibilité. Je passe un temps fou à patienter au téléphone en vain pour le moment. Du coup, demain samedi, je vais passer une partie de la journée à trouver les bons interlocuteurs, physiquement, pour finaliser cette étape importante. Et pendant ce temps, je ne m'entraîne pas et je n'avance pas sur le bateau !!

 

- le stage de sécurité a été annulé par l'ancien organisateur. Je ne peux pas partir sans avoir suivi ce stage, ce ne serait pas raisonnable. On voit donc avec le nouvel organisateur. Ça va le faire mais voilà encore du temps à y consacrer !!

 

Bref, entre les entraînements, la logistique, le travail, et tout qui ne se passe comme il le faudrait, il faut des nerfs solides pour ne pas tout envoyer balader !

  

Pour l'instant, avec le soutien indéfectible de mon épouse, je garde le cap et le moral !!

 

Une bonne news pour finir : l'anneau dans le port de Jard sur Mer en Vendée est réservé. La sortie grandeur nature et les entraînements en mer vont rythmer mes vacances d'été. Merci au Capitaine du Port qui m'a accueilli de façon très chaleureuse et très efficace... ça fait du bien !!

 

À bientôt pour de nouvelles news !

 

25 mai 2017 - 6 mois avant le départ

Quand l'orga part en sucette !

Il y a 5 ou 6 semaines, l'organisation nous envoyait un mail laconique nous expliquant que compte-tenu des événements sociaux en Guyane, elle ne serait pas en mesure de collecter les fonds des pouvoirs publics. De facto, la course est reportée d'1 an !!

 

Inacceptable !!

 

Depuis lors, nous cherchons, avec les autres participants, la solution pour faire cette traversée !

 

Pas facile à à peine plus de 6 moins du départ de trouver un organisateur. Plusieurs contacts sont établis, mais rien n'est encore arrêté. Les discussions vont bon train et nous devrons réduire nos ambitions en termes d'accompagnement, mais ça, ce n'est pas très grave.

 

En parallèle, moi, comme les autres, nous envisageons de partir en solitaire. D'ailleurs au moins 3 d'entre nous ont d'ores et déjà annoncé qu'il partait sans organisation.

 

Si je ne suis pas inquiet sur le fait que je vais trouver une solution, individuelle ou collective. Cela demande une dépense d'énérgie supplémentaire. Pis encore, cela demande du temps, ce dont je dispose le moins. Car j'ai encore beaucoup à faire sur mon bateau, dans ma préparation physique et accessoirement dans ma vie professionnelle. J'aurai préféré consacrer ce temps précieux à ma famille... Alors j'empiète sur tous les domaines. Heureusement que je n'ai pas besoin de dormir beaucoup !!

 

Lors d'un prochain blog, je vous raconterai une journée type de l'aventurier amateur...

 

Bref, petit coup au moral certes, mais loin d'être abattu !!

 

8 mai 2017 - 30ème semaines avant le départ

Le bateau est prêt...ou presque !
 Laurent m'a envoyé un sms ce week-end qui fait chaud au coeur ! Les travaux du bateau sont finis...

 

Laurent, basé aux Sables d'Olonne, est un spécialiste de l'électronique et de l'électrique pour tous les engins nautiques. Il a passé 2 semaines pleines sur le mien. Au menu :

 

- Réfection des câbles oxydés

- Changement du grand panneau solaire et câblage

- Pose des spots de coque

- Pose du winch dans le cockpit pour l'encre flottante

- Pose des 2 batteries neuves

- Vérification de la connectique

- Remplacement de l'antenne GPS

- ...

 

Prochaine étape, mercredi : je vais le chercher, et le ramène à la maison. Le week-end prochain, je travaille à l'inventaire du matériel et je teste le dispositif de rame en virtuel.

 

Si tout va bien, la première mise à l'eau se fera sur la Seine le dimanche 21... A suivre donc !

 

Il reste pas mal de choses à régler (j'en parlerai bientôt), mais, après la réussite de la collecte kisskissbankbank la semaine dernière, les avancées concrètes s’enchaînent et c'est très bon le moral !!

 

 

4 mai 2017 - 30ème semaines avant le départ

Que de bonnes nouvelles, mais pas que...

Ces 3 dernières semaines ont été assez riches en événements, des bonnes nouvelles et des moins bonnes...

 

Au rayon des bonnes news :

 

- le succès de la collecte kisskissbankbank : 40 contributeurs ont permis de collecter une partie du financement de ce projet. Devant la difficulté à convaincre des sponsors, c'est une vraie bonne nouvelle. Et quel plaisir de voir que les amis comme des personnes qui ne me connaissent pas se mobilisent pour que cette aventure passe du mode projet à une réalisation concrète. C'est vraiment enthousiasmant et je saurai m'en rappeler dans les moments plus diffciles

- le bateau est presque prêt : Laurent s'en occupe aux Sables d'Olonne. Les travaux se poursuivent et le plus durs est fait. La fin des travaux est prévue autour du 10 mai. Ensuite, je le rapatrie à la maison, je fais l'inventaire du matériel et j'organise la toute première mise à l'eau... Là, ca va devenir concret !

- Et en plus, c'est la forme. J'enchaîne les séances de préparations physiques sans encombre : footing de plus en plus long, sortie avrion, rameur à la maison presque tous les jours, de longues sorties VTT, ... Unbémol toutefois, je ne perds pas un gramme alors qu'il me faudrait perdre quelques kilos quand même !!

 

Là où ca se complique, c'est sur l'organisation. L'organisateur RamesGuyane ne semble plus en mesure d'encadrer la course !!! Ce n'était pas du tout prévu comme cela, mais qu'à cela ne tienne, nous allons l'organiser nous-même. La notion de course n'ayant aucune importance, l'idée reste de faire la traversée de l'Atlantique. Je ne peux pas en dire plus pour l'instant, mais je passe beaucoup de temps sur ce sujet ces derniers temps. Autant vous dire, que je ne suis pas prêt à lâcher l'affaire.

 

En résumé, super moral, des avancées concrètes qui vont bientôt se matérialiser et trsè prochainement des news sur l'organisation de la traversée probablement modifiée...

 

  

13 avril 2017 - 33ème semaines avant le départ

En attendant la préparation du bateau...

Les travaux sur le bateau ne sont pas si importants que cela, mais il y a quand même du travail.

 

Tout se fait dans de petits espaces et ce n'est pas toujours facile ! Au programme :

 

- Changement des panneaux solaires

- Installation de 2 batteries neuves

- Projecteur de coque en cas de retournement

- Winch pour l'encre flottante

- Changement de l'avertisseur radar

- Câbles et accessoires, ...

 

Il restera du matériel à ajouter, mais cela va attendre les premiers essais : téléphone sat., GPS manuel de secours, ...

 

On a pris un peu de retard et la mise à l'eau que je comptais faire éème quinzaine d'avril se fera plus probablement mi mai.

 

En attendant, je continue à me préparer physiquement et je cherche toujours des sponsors...

 

C'est la forme, et toujours bon moral...

  

5 avril 2017 - 34ème semaines avant le départ

Des "+" et des "-" 

Une météo très contrastée ces derniers jours avec des "+" et des "-"...

 

Au rayon des "+" :

 

- L'entraînement se poursuit et je monte en puissance. Je me connais bien depuis toutes ces années, et même si n'ai pas d'expérience en avrion, je vois bien les progrès aussi  bien technique qu'en termes de forme physique. Si je veux être parfaitement honnête, il faudrait quand même que je perde un peu de poids... Ca va venir !!

- La préparation du bateau a débuté. L'état des lieux de tout ce qu'il y a à faire a été établi. Quelques discussions avec des partenaires potentiels pour obtenir des dons ou des remises significatives et les travaux vont commencer d'ici quelques jours. Cela risque néanmoins de faire court pour une mise à l'eau deuxième quinzaine d'avril, mais ce n'est pas grave, j'ai un peu de marge, cela peut attendre première quinzaine de mai.

 

Au rayon des "-" :

 

- Après un très bon départ et des soutiens qui font vraiment plaisir quoiqu'il arrive, la collecte lancée sur kisskissbankbank stagne depuis une bonne semaine. Les sponsors ne se bousculant pas à ce stade, j'ai vraiment besoin de cette source de financement. Mon équipe et moi devons relancer la machine...

- L'actualité en Guyane est un peu préoccupante. Nous avons heureusement des nouvelles rassurantes des skippers basés notamment à Kourou. Mais nul doute que cela doit perturber l'organisation et d'ailleurs les nouvelles de Cayenne et de la logistique sont rares ces temps-ci.

- Enfin la chasse aux sponsors est difficile. Mais là non plus je ne déspère pas. 

 

Quoiqu'il en soit, je garde le moral. Le projet avance et sauf événement majeur, je serai sur la ligne de départ le 25 novembre 2017, avec les moyens du bord !!

20 mars 2017 - 36ème semaines avant le départ

Montée en puissance !

Nous voilà à 8 mois du départ...Ca ne sent pas encore l'air iodé des plages du Sénégal, mais on s'en approche quand même.

 

Ces 3 dernières semaines ont été principalement consacrées à la montée en charge de l'entraînement. J'ai conscience que cette traversée est pleine d'inconnue : la solitude, la météo, le moral, ... Alors j'ai prévu d'arriver en forme comme jamais !!!

 

Cela passe par une préparation physique au top...Il faut dire que je m'étais un peu laissé aller après la diagonale des fous fin octobre, pour récupérer d'abord, et pour profiter du temps libre pour rechercher des sponsors et travailler la communication. Donc retour aux affaires sportives : aviron biensur, mais aussi rameur, VTT, Course à pied, ski, randonnée...tout est bon pour avoir la forme olympique.

 

Côté sponsor, c'est toujours le calme plat. Je ne lâche rien, mais c'est vraiment difficile. Nous avons lancé en parallèle une campagne sur kisskissbankbank : tous les soutiens sont les bienvenus et vos dons me permettront de participer au financement de cette aventure, qui, il faut bien le dire, demande aussi de gros moyens financiers. les premiers retours sont encourageants, mais il faut rester mobiliser.

 

Concernant l'organisation, il nous fallait nous regrouper entre skippers pour négocier certains contrats comme l'assurance et le transport en container de nos bateaux de la métropole à Siant-Louis et de Cayenne en métropole. L'ORA (Ocean Rowers Association). L'assemblée Générale du vendredi 17 mars m'en a nommé Président... C'est une charge de travail supplémentaire mais aussi une bonne façon de m'assurer que tout se passera bien de ce côté-là...

 

Ces contrats avancent, la préparation du bateau est en cours et j'encaisse assez bien les entraînements, même quand je dois me lever très tôt et aller faire des efforts dans le froid matinal. J'espère faire la première mise à l'eau deuxième quinzaine d'avril...probablement sur la Seine avec mon entraîneur aviron à l'ACBB. Je vous informerai de la date dès que j'en sais plus.

 

Donc malgré la difficulté à trouver des sponsors, le moral est bon, voire même très bon. Hâte d'y être en fait !

 

Février 2017 -39ème semaines avant le départ

Un mois de transition ?!

Le mois de février ne restera pas comme le mois le plus productif...

 

Il aura quand même eu le mérite de préparer les 3 prochains mois qui vont être décisifs dans la préparation de l'expédition finale.

- Le bateau : il est dans les mains d'un spécialiste de la préparation de bateaux pour de grandes traversées. Nous avons fait le point ensemble sur ce qu'il fallait revoir et faire. Outre le nettoyage complet de la coque, les 2 opérations les plus importantes seront le bilan énergétique et électronique (avec un probable changement des panneaux solaires) d'un côté et l'adaptation à la jauge 2017 avec la pose des feux de coques en cas de retournement et d'un winch pour la manipulation de l'encre flottante. Le bateau devrait être fin prêt mi avril.

- Le budget : la recherche de sponsors s'avère encore plus difficile que je ne l'avais imaginé. Pour l'instant rien de probant en dehors du soutien de Rustoleum et Stocksignes.fr. A ce stade, le budget est très loin d'être bouclé. La préparation de la campagne de collecte de fonds a également pris plus de temps que prévu, mais ça y est, elle est fin prête. Lancement dans quelques jours, pour ne pas dire quelques heures...

- Côté préparation physique, pour l'instant, je m'entretiens. A 9 mois du départ, mars et l'arrivée des beaux jours, va marquer une intensification de l'entraînement et le retour à l'aviron. De nombreux déplacements pro ne m'ont pas permis de garder une pratique assidue depuis le début de l'année. Pas de panique mais vigilance tout de même !

- Réactivation de l'ORA : l'ORA est l'association des skippers qui ont faits ou vont participer à ramesguyane. Cette entité est importante dans le dispositif, car c'est elle qui négocie directement quelques contrats pour les skippers comme l'assurance ou le transport des bateaux en conteneur vers le Sénégal et au retour de Guyane. Pas impossible que je sois élu au bureau de l'association. L'AG est prévue mi mars. C'est une nouvelle avancée décisive pour le projet.

 

Voilà pour le mois de février. Les semaines à venir devraient être bonnes car après cette longue phase de préparation, les premiers résultats vont commencer à se voir : augmentation de la forme physique, lancement de la collecte de fonds, première mise à l'eau du bateau qui va réellement concrétiser l'aventure !!

 

Point important : la motivation qui ne chute pas...A la semaine prochaine !

S-43 semaines

Une semaine blanche !

Dure, dure cette semaine passée...Il faut garder le moral !

 

Evidemment, dans un gros projet comme celui-là, il faut faire face à un certain nombre de difficultés, mais il y a quand même des semaines plus éprouvantes que d'autres... D'ailleurs, la fin de semaine et le début de cette semaine laisse présager une bien meilleure situation d'ici quelques jours.

 

D'abord, c'était une semaine très chargée professionnellement, ce qui ne m'a pas permis d'avancer beaucoup. A cela s'est ajouté quelques soucis de santé dûe à la saison, rien de grave heureusement, mais du coup, zéro sport et un surcroit de fatigue dont je me serai bien passé. Puis, un retour négatif d'un important partenaire potentiel sur qui j'avais fondé quelques espoirs.

 

Au rang des bonnes nouvelles, tout est prêt maintenant pour :

  • le départ du bateau vendredi pour sa préparation en Vendée

  • le lancement de la campagane kisskissbankbank pour collecter des fonds

  • la reprise de l'entraînement

  Le gros effort des semaines qui viennent va donc être de trouver des sponsors. Notamment un partenaire conséquent pour mettre le bateau à ses couleurs et organiser toutes les actions de communication possibles.

 

Vivement la fin de cette semaine avec des avancées significatives !!  

 

 

S-44 semaines

Les pièces du puzzle se mettent en place

Du concret cette semaine, avec des contacts partenaires qui s’étoffent, la préparation du bateau qui s’annoncent et la reprise de l’entraînement… Donc le moral est bon !

 

Le Maire de Bures Sur Yvette décroche plusieurs rendez-vous avec des partenaires potentiels. Pas de nouveaux contrats signés, mais le projet intéresse et cela devrait finir par se concrétiser. Cela amène un peu de sérénité, car le financement du projet reste quand même un élément essentiel.

 

Cette semaine a aussi été le moment de finaliser le lancement de la campagne Kisskissbankbank de collecte de fonds. Cette collecte devrait permettre de finaliser le budget si elle est un succès bien entendu. Je compte sur vous pour en faire la promotion. Le lancement officiel de cette opération aura lieu cette semaine. Nous aurons l’occasion de beaucoup communiquer sur le sujet dans les jours et les semaines à venir.

 

Concernant la préparation du bateau, plusieurs bonnes nouvelles cette semaine :

  • Rendez-vous pris avec un spécialiste de ce type de préparation aux Sables d’Olonne (c’est le port du Vendée Globe quand même !). Je dépose le bateau le 10 février pour un check complet des travaux à mener

  • En parallèle, j’ai étudié la jauge 2017 par rapport à mon bateau. Les travaux à mener ne devraient pas être si lourds que je ne l’ai craint pendant un moment. Mais bon, pas d’optimisme à outrance, j’attends le résultat après visite du spécialiste

  • Rendez-vous ce vendredi avec mon partenaire Rustoleum pour définir les peintures et les revêtements à appliquer

 Nous avons beaucoup parlé assurance et transport des bateaux avec l’organisation. Pas simple comme problématique pour gérer toutes les provenances, les besoins, … C’est le nouveau motif d’inquiétude, mais c’est normal dans un projet d’une telle envergure où nous ne pouvons rien laisser au hasard… A suivre !

 

 

 

S-45 semaines

Du froid et du chaud !

 Du froid et du chaud cette semaine passée !

 

Le coup de froid n'est pas que météorologique. Non seulement, cela réduit les possibilités d'entraînement, mais j'ai attrapé une mauvaise crève qui m'a mis au repos forcé cette semaine. Rien de grave néanmoins !

 

Sur les autres pans du projet, ca avance normalement. Un bon travail a été fait que ce soit en termes de communication en relayant les news sur de nouveaux médias, qu'au niveau la préparation du bateau et la recherche de sponsors qui s'organisent avec, en point d'orgue cette semaine, la rencontre d'un partenaire potentiel sur le matériel.

 

Le bateau va nécessiter plusieurs déplacements, donc au menu révision de la remorque pour pouvoir faire en toute sécurité plusieurs centaines de km en toute sécuité. Destination Sables d'Olonne pour la préparation du bateau, retour en région parisienne pour les premiers tests et les réglages, La Rochelle en août pour un test grandeur nature, La trinité sur Mer en septembre pour le stage sécurité et Le Havre en octobre pour le départ du bateau vers le Sénégal !!

 

Cette semaine a aussi permis de peaufiner les dossiers sponsors et collecte de fonds.

 

A ce stade, le planning est toujours respecté et pas d'alerte sur le budget...Ca suit son cours toujours avec la rigueur nécessaire dans le suivi des actions !

 

 

S-47 semaines

Un début d'année mitigé

Dans un projet, tout n'avance pas toujours comme on aimerait. Et bien, c'est le cas cette semaine

 

Côté entraînement, cela suit son cours avec la technique qui progresse bien selon mes coachs Romain et François et la semaine sera marquée par la reprise de l'entraînement foncier.

 

En revanche, côté sponsor et surtout préparation du bateau, l'avancement laisse à désirer. Pas de nouvelle piste pour le financement de l'aventure et j'ai commencé à étudier ce qu'il y avait à faire pour mettre le bateau en état de faire la traversée et c'est bien plus important que ce que j'avais imaginé !

 

Donc à défaut d'avancement concret, je sais ce que je vais devoir faire les 2 ou 3 semaines à venir : priorité à la préparation du bateau. Bien identifier toutes les modifications/améliorations à apporter, faire l'inventaire du matériel et engager les travaux et se procurer les équipements manquants.

 

Ca devient de plus en plus concret !

S-46 semaines

Oh mon bateau Oh...

Dur de se satisfaire pleinement de la semaine passée, quand elle ne présente pas d'avancée concrète...Mais j'ai suffisamment d'expérience en la matière pour savoir que cela fait parti du jeu !

 

Côté entraînement, la météo hivernale ne m'aura pas permis de beaucoup ramer cette semaine. Elle n'est pas perdue pour autant avec un travail foncier et renforcement musculaire de qualité. Pas de problème, on est encore loin du départ. Et un rendez-vous sponsor planifié !

 

Le sujet qui me soucie le plus reste la préparation du bateau. Plusieurs pistes se dégagent néanmoins : un rendez-vous avec une société de maintenance de bateau en région parisienne et Ludo regarde si on peut trouver un partenaire à la Rochelle ou aux Sables d'Olonne. Je planifie aussi l'inventaire du matériel obligatoire et nécessaire dans les jours qui viennent. La liste est longue, il y a du boulot !!

 

L'objectif que je me suis fixé est que le bateau soit prêt pour fin mars, début avril au plus tard : peinture, panneaux solaire, électronique, adaptation à la jauge 2017, ... et commande des matériels manquants. Après le travail consistera à ranger et à vider le bateau plusieurs fois jusqu'à ce que tout trouve sa place de façon optimum.

 

Pour l'instant, on est encore dans le planning, mais j'ai conscience qu'il ne faut pas traîner !

 

S-48 semaines

Une fin d'année prometteuse

Le moral est toujours au beau fixe !

Un très bon contact pour devenir major sponsor. Ce n'est pas fait, mais cela fait plaisir de voir que des entreprises souhaitent promouvoir des projets qui sortent de l'ordinaire.

 

Cette semaine a été consacrée au début de l'entraînement plus poussé notamment en aviron avec Romain qui m'a pris en main, seul sur un skif, pour faire progresser ma technique. Intense mais tellement utile. Il faudra quand même que je rame 10h par jour !! Et puis cela permet de limiter les dégâts des orgies de Noël et jour de l'an !

 

Ça y est, le site Internet est publié... Merci à Olivier qui a fait le travail dans les temps impartis.

Autre fait marquant : bon contact avec Peggy Bouchet, qui a réalisé la traversée seule et sans assistance du tout. Un retour d'expérience précieux et beaucoup de conseils avisés. Merci pour le temps qu'elle m'a consacré.

 

Bref, on continue d'avancer...


S-49 semaines

Petite pause de Noël

Petite pause cette semaine : quelques jours au ski avec les enfants pour reprendre des forces en famille avant de reprendre l'entraînement et la recherche de sponsors.

 

On ne reste pas inactif quand même : la bonne nouvelle aussi est que le site Internet est quasiment terminé. Je profite des moments de libre pour finaliser le contenu en lien avec Olivier (le créateur). Lancement prévu semaine prochaine.

 

Et on a arrêté la date et l'organisation d'un test grandeur nature début août : 2 à 3 jours de mer, accompagné par mes 2 routeurs sur un voilier pour tester le logiciel de navigation et les communications.

 

Moins vite cette semaine, mais on continue d'avancer...

S-50 semaines

Le moral est au top !

Toujours pas de partenaires financiers, mais des contacts qui progressent.

 

Samedi, grosse journée au salon nautique de Paris avec Ludo et Agnès, mes routeurs, et des rencontres essentiels : mon futur électronicien bateau qui va m'aider à câbler et à installer tout le matériel de navigation et de communication. Le budget élaboré à la grosse maille se décline petit à petit en achat réel : logiciel de navigation, vêtements techniques pour la traversée, téléphone Iridium : pour l'instant pas d'alerte de ce côté, mais sous surveillance quand même !!

 

Entraînement correct sans plus. Il faudra surtout s'y mettre après les fêtes et pas seulement pour perdre les kilos de Noël !!

Cela ne se voit pas encore, mais cela prend forme...


S-51 semaines

Le moral est bon !

Des premiers contacts avec des partenaires potentiels sont bons. 2 sociétés ont déjà donné un accord de principe, pour la peinture et les stickers. Le projet avance, même s'il va falloir trouver des soutiens financiers. Rencontre avec les organisateurs et les autres participants à la course, ce qui donne du concret au projet et un véritable enthousiasme pour continuer à avancer.

 

Au niveau de la logistique, des contacts intéressants pour entreposer le bateau et réaliser les travaux nécessaires. L'entraînement technique suit son cours. Et reprise du footing cette semaine. Je suis en forme.

 

Côté communication, la page facebook.com/teamnedproject fait de nouveaux adeptes et la construction du site Internet avance...

S-52 semaines

Le départ est dans UN an !!

Le moral est bon. Je rassemble les pièces du puzzle petit à petit. Le dossier pour la recherche des sponsors est terminé et envoyé aux premiers partenaires potentiels.

 

Le maire de Bures sur Yvette a décidé de m'aider en me présentant à quelques entreprises de la région qui pourraient être intéressées par le projet.

 

Côté entraînement, l'effort est pour le moment consacré à la technique de rame grâce à me coachs de l'ACBB avec sortie de 2h le samedi matin sur la Seine. La météo est bonne bien qu'un peu fraîche.

 

Le site Internet est en préparation avec un lancement planifié la dernière semaine de 2016.

 


2 semaines en mer et ce soir c'est déjà Noël !

 

Déjà 2 semaines en mer, et le temps passe toujours aussi vite !

 

Une grosse galère vient de m’arriver, en effet, j’ai chaviré cette nuit (nuit de samedi 23 à dimanche 24). Vers minuit, alors que je dormais, j’ai soudain été réveillé par une sensation très bizarre, j’ai tout de suite compris que le bateau était en train de se retourner … La mer n’était pas particulièrement déchaînée, j’ai juste mal pris une vague de côté, qui m’a retourné comme une crêpe … Malheureusement j’avais un petit hublot ouvert pour me permettre de mieux respirer à l’intérieur de mon cockpit la nuit, l’eau a donc pu rentrer dans la cabine et tout tremper …Sur le coup, j’ai vraiment eu le moral dans les chaussettes et puis je me suis ressaisi, j’ai fait un premier inventaire de la situation : 1 chaussure, mon ancre et 50 mètres de bout sont partis à la mer … Une rame a été cassée (il m’en reste donc 4) … Je n’ai plus de feu donc je ne peux plus rien faire chauffer, c’est probablement une des choses qui va être le plus compliqué à gérer si je n’arrive pas à récupérer de quoi faire fonctionner ma gazinière … Mon matelas, mon duvet et mon oreiller sont trempés …Heureusement mes caissons étaient bien fermés et rien de ce qui s’y trouvait n’a été mouillé … L’électricité semble fonctionner, mon GPS est en état de marche … Bref après ce premier bilan, je m’aperçois que je peux tout à fait continuer l’aventure, ce sera plus spartiate, moins confortable si on pouvait parler de confort avant … 😉

 

En dehors de cette galère, cette 2ème semaine a été une vraie semaine de réglage : réglage de mon rythme et réglage de mes équipements et notamment de mon safran qui m’a posé pas mal de problèmes. En effet suite au souci que j’ai eu la semaine dernière (safran endommagé à cause du trainard), je n’arrivais plus à garder un cap constant sur la durée et ma vitesse était très limitée ?  Ça plus le manque de vent sur une bonne partie de la semaine font que j’avais du mal à dépasser les 1,2 nœuds. Autant vous dire que j’étais particulièrement agacé par cette situation à laquelle je ne trouvais pas de solution. J’ai également cassé mon footstraps (la planche avec les scratch sur laquelle je pousse avec mes pieds lorsque je rame) à plusieurs reprises mais j’ai pu le réparer sans souci. Bref, vous l’avez compris, une semaine avec pas mal de galères … Après réflexion et discussions avec Dominique, mon routeur, je change mes réglages de safran et surtout, je décide de rééquilibrer mon bateau, j’avais probablement un peu trop chargé l’avant. En fin de semaine le vent se lève et mes nouveaux réglages semblent fonctionner, je reprends de la vitesse … ENFIN … J’ai même parfois l’impression de m’envoler avec des pointes à presque 3 nœuds …

 

J’ai fait un calcul pour mesurer ma progression en degrés de longitude, j’en ai compté 36 entre Dakar et Kourou. Ce dimanche matin, j’ai passé le « jalon » 9, je suis donc à environ ¼ du parcours total.

 

Mes kifs de la semaine (eh oui, il faut bien que je vous en parle, j’en ai aussi, je n’ai pas que des galères 😉) :

-       J’ai assisté à plusieurs reprises à des ballets de poissons volants, c’est extraordinaire. Ils peuvent être 10 – 15 – 20 – 30 et ils sautent jusqu’à 1 mètre au-dessus de la mer, virevoltant ensemble comme s’ils étaient en représentation. Magnifique !

-       Un petit goéland est venu de poser sur l’avant de mon bateau alors que je ramais, majestueux !

-       Ah, je ne peux pas passer sous silence cette délicieuse mousse au chocolat lyophilisée (à tomber par terre), je décerne également une mention particulière au jambon à l’œuf et au gratin dauphinois, lyophilisés bien entendu

    J’ai ouvert la bouteille de whisky que je me suis achetée avant de partir (il y a quand même des incontournables), mais ce n’est pas évident de se servir un petit verre à bord, tellement ça bouge tout le temps, il faut donc bien viser et attendre le bon moment (ou plutôt la bonne vague) pour éviter de tout renverser … Vous avez donc compris que j’ai eu quelques déboires de ce côté-là …

-      Une des boites surprise (que j’ouvre le soir avant de me coucher) m’a fait sourire. Elle avait été préparée par ma fille Romane : 1 pièce de 2 euros avec un petit mot : « Au cas où tu croiserais un marchand de glaces … 😉 », je vais la garder précieusement et je l’utiliserai pour m’acheter cette fameuse glace dès que je retrouverai la terre ferme – merci ma Chérie !

 

J’ai un peu augmenté ma cadence de rame, je suis à 5 – 6 heures de rame par jour, je ne rame toujours pas la nuit mais je me réveille toutes les 3 heures pour vérifier et, le cas échéant, rerégler mon cap.

Je suis bien entendu tout le temps attaché, il faut dire qu’on est tellement balloté dans tous les sens et sans arrêt, qu’il n’est pas imaginable de ne pas s’assurer. Les occasions de passer par-dessus bord sont bien trop nombreuses.

 

Mon dessalinisateur fonctionne bien, je le fais tourner environ 1 heure par jour en plein après-midi au moment où le soleil est le plus fort pour utiliser l’énergie de mes panneaux solaires car l’opération est extrêmement consommatrice d’électricité. En 1 heure, je récupère environ 5 litres d’eau, c’est juste ce dont j’ai besoin, au quotidien, pour ma consommation d’eau (boisson, préparation culinaire et toilette).

 

Je ne vois pas les journées passer, je fais ma petite vie sur mon poste de rame et dans mon petit cockpit. La vie s’organise donc doucement, tranquillement au rythme des vagues incessantes. J’avance mieux et plus facilement. Je me rends compte que j’acquiers, au fil du temps, des compétences qui me font grandir dans l’aventure. J’irai bien courir, mais bon, c’est un peu compliqué vu mon environnement, il va falloir que j’attende un peu … 😉

 

Je m’aperçois que je suis totalement déconnecté du monde réel. Je sais qu’on est en décembre parce que c’est marqué sur mon GPS mais c’est tout … Ce soir c’est Noël mais je ne m’en rends pas bien compte. Je vais quand même me préparer mon petit réveillon à moi (loin de mes proches, c’est ce qui va être le plus dur), je vous raconterai tout ça lors de mon prochain journal de bord.

 

Joyeux Noël à vous tous.

 

Merci pour tous vos messages qu’Anne-So me transmet régulièrement et qui me portent.

 

Stéphane

 

6 semaines en mer, la progression continue : ¾ du parcours ! 

 6 semaines en mer et ça y est, les ¾ de la traversée sont derrière moi. Encore ¼ et je retrouverai la terre ferme et ceux que j’aime … Je vous avoue que je suis plutôt très impatient.

 

Cette semaine a encore été une semaine compliquée pour moi surtout sur le début. En effet les courants n’étaient pas vraiment favorables pour m’accompagner sur ma descente vers le Sud, j’ai eu de gros soucis de cap que je n’arrivais pas à maintenir et de vitesse, j’avais l’impression de me trainer, c’était vraiment frustrant.

 

Nouvelle galère dans mon aventure, lundi, je me rends compte que mon dessalinisateur ne veut plus fonctionner. Et bien évidemment, je n’ai pas assez de stock d’eau potable pour finir la traversée. C’est un réel problème, je sais bien que c’est une des causes d’abandon possibles … Sans eau impossible d’aller au bout, il faut donc, à tout prix, que je trouve un moyen pour faire repartir ce dessalinisateur. En même temps cela fait 2 jours que je n’ai pas vu le soleil et comme la nuit, en ce moment, je croise des cargos, j’allume tous mes feux ce qui consomme pas mal d’énergie. Je sais que le dessalinisateur est lui aussi très consommateur d’énergie, il faut donc que le soleil revienne absolument pour que mes panneaux solaires me donnent assez de puissance. J’estime ma consommation moyenne à environ 8 litres d’eau douce par jour, là il doit me rester 25 litres … Je ne pourrai donc pas tenir bien longtemps … En tous cas, dès que j’arrive à redémarrer ce satané dessalinisateur, je me promets de faire un maximum de réserves pour éviter la pénurie et l’angoisse de manquer. Mon inquiétude est assez vite balayée car dès le mardi, je retrouve le grand beau temps et, avec, le soleil qui me permet de faire redémarrer le dessalinisateur. Ouf, je suis sauvé, je ne manquerai pas d’eau …

 

Petit point physique : ce n’est pas brillant brillant. Même si au niveau escarres, c’est plutôt un peu mieux (j’ai installé sur mon siège de rame un coussin anti-escarres que ma mère m’avait poussé à prendre et que je viens de retrouver – Merci Maman !), en revanche la plaie de mon pied gauche ne se soigne pas comme je voudrais. C’est douloureux et ça ne cicatrise pas. L’autre jour j’ai retiré, à la pince à épiler, une petite boule de pue sur mon orteil sans tourner de l’œil. J’étais assez fier de moi, car je ne suis généralement pas très vaillant pour ce genre de chose. J’ai toujours très mal dans les mains. Je n’arrive plus à plier les doigts de la main gauche, comme si j’avais une tendinite dans chaque doigt … Je n’arrive même plus à allumer le briquet pour démarrer ma gazinière le matin …je suis obligé de tout faire de la main droite, ce n’est pas pratique du tout.

 

Mardi, je décide de m’octroyer ma première journée de repos depuis le début de l’aventure, je sens que j’en ai besoin, je suis fatigué. Je me paie donc le luxe de ne ramer que 2 heures sur la journée, je sens qu’il faut que je recharge mes batteries. Je prends donc mon temps, je lis une bonne partie de la journée, j’ai d’ailleurs fini les 2 livres que j’avais emmenés. J’entends d’ici Anne-So me dire « Ah, je t’avais bien dit d’en prendre au moins un 3ème », en temps normal ça m’aurait agacé, mais là ça me manque ses petites réflexions … Je me rappelle que dans mes cadeaux de Noël, j’ai eu un livre, un livre particulier puisqu’il m’a été dédicacé par son auteur mon amie Samira … Je vais donc pouvoir me lancer à la découverte de son univers, ça va me faire un peu de compagnie. La solitude me pèse de plus en plus …

 

J’ai essayé une nouvelle activité cette semaine, la pêche à la traîne. En effet, j’ai retrouvé dans mon kit de survie une petite ligne de traîne et je me suis dit que j’allais tenter ma chance. L’idée de manger un poisson fraichement pêché me fait saliver … eh oui, je commence à me lasser de mes plats lyophilisés même si j’avoue que ce n’est pas si mal. Bref, je monte ma ligne, installe mes appâts et jette la traîne à l’eau. Je la remonte un peu plus tard, il n’y avait plus rien même plus d’hameçons … J’avais à priori prévu trop léger. Je retente donc l’opération, en prévoyant plus costaud et en sécurisant à mort mon installation, j’étais en train de mettre la ligne à l’eau, j’avais déjà déroulé quelques mètres et là je vois une énorme daurade mordre à l’hameçon avec une violence incroyable. C’est allé tellement vite qu’elle m’a tout arraché des mains, je n’ai donc pas eu de poisson et maintenant, je n’ai plus de jeu … 😉. Ce ne sera donc pas poisson frais au menu du soir … Je ne confirme donc pas mon diplôme de pêcheur obtenu le 31 janvier avec cette magnifique daurade coryphène harponnée … 😉. Je sais d’avance ce que mes potes vont dire … Et ça me fait sourire !

 

Mercredi je suis confronté à un phénomène totalement nouveau et impressionnant. En effet, après une grosse journée de rame, le soir vers 21h30 alors que je ressors pour vérifier mes réglages, je m’aperçois que c’est pétole, pas un pet de vent, mes drapeaux sont en berne, une mer complètement étale au point que je n’ai même pas besoin de me tenir sur mon bateau, il n’y a aucun bruit, tout est tellement silencieux … C’est la première fois que je rencontre ce phénomène depuis le début de mon aventure, c’est limite flippant en tous cas c’est très déstabilisant … Le calme avant la tempête ? En fait, je suis dans le poteau noir (zone de rencontre des alizés Nord-Est et Sud-Est = zone où on ne peut rien prévoir, ce peut être le grand calme comme ce que je vis à ce moment-là ou le déluge avec des vents violents, contraires et tout cela de façon totalement aléatoire … ce qui n’a rien de rassurant …). Heureusement j’ai un peu de courant qui me permet tout de même de progresser. Ca ne loupe pas, quelques heures plus tard, je prends un gros grain. Le lendemain, je me lève c’est à nouveau une grosse pluie qui m’attend et pour la première fois depuis que j’ai quitté Dakar, je décide de ramer par ce mauvais temps pour continuer à avancer, je n’ai jamais été aussi proche du but …

 

J’en ai marre mais vraiment marre de dormir dans des draps humides, je me dis qu’il faut absolument que je fasse quelque chose. Ca sent de plus en plus le moisi dans ma couchette au point que je commence à ne plus le supporter … Mais je ne peux rien aérer ni rien sortir à cause des paquets d’eau qui arrivent constamment sur le pont du bateau …Je me dis que mouillé pour mouillé je vais tout de même tenter de faire sécher mon oreiller moisi dehors … Grand bien m’a pris, grâce à une petite période d’accalmie au niveau des vagues et à un soleil qui s’est montré très généreux, j’ai enfin pu faire sécher cet oreiller qui était mouillé depuis mon 1er chavirage … Je vais donc pouvoir dormir plus confortablement désormais 😉, en tout cas dans une couchette qui sent moins mauvais, j’oserais même dire qui sent presque bon … 😉.

 

Drame constaté à bord : je m’aperçois qu’il ne me reste qu’un fond de ma petite fiole de whisky et je vous avoue qu’en ce moment j’apprécie de m’en servir une lichette tous les soirs, au moment du coucher de soleil, dont certains sont vraiment magnifiques, je fais une petite pause de 5 – 1à minutes et je profite … Mais là, à ce rythme, je n’en aurais jamais assez pour aller jusqu’au bout de la traversée … Une pénurie bien contrariante. Ajoutez à cela que je risque aussi de manquer de café … Bref une fin de traversée qui s’annonce compliquée en termes de ressources incontournables … 😉.

 

Pour conclure, je vous rassure, je vais globalement bien, le moral est là. Sur cette fin de semaine j’ai enfin retrouvé une veine de courant favorable qui me remonte vers les côtes guyanaises, j’ai repris de la vitesse … Bref, j’aperçois le bout de l’aventure … Je devrais arriver d’ici une grosse semaine, bientôt je pourrai me dire « dernier lundi, dernier mardi … », c’est une sacrée étape dans mon aventure.

 

Merci d’être là, avec moi, de me suivre, de m’encourager et même tout simplement de penser à moi. Vos ondes positives m’accompagnent encore et toujours. Merci à vous tous.

 

A bientôt.

 

Stéphane